Cinq mois après le dépôt des dossiers des étudiants inscrits dans les universités au Maroc, l'espoir de réponses à leur requête luit de nouveau. Dépêché en émissaire spécial la semaine dernière, le directeur de l’enseignement supérieur, Ali Mohamed Ali a dit sa satisfaction sur l'évolution du dossier. Ali M. Ali s'offusque en revanche du nombre de faux documents relevés dans les dossiers déposés.
Dépêché en urgence sur place après la médiation du ministre de l’Intérieur et celui de la Défense, Ali Mohamed affirme que les dossiers des étudiants comoriens souhaitant étudier au Maroc sont en étude au sein de la chancellerie marocaine en Tanzanie. L’administrateur dit avoir rencontré les autorités marocaines les mieux placées afin de trouver une solution. Devant la presse, Ali Mohamed affirme avoir rencontré le chargé de missions de l’Ambassade du Royaume chérifien qui assure l’intérim du diplomate. « Nos relations avec le Maroc sont des relations séculaires donc je ne vois pas pourquoi il aurait voulu piéger ou refuser de traiter des dossiers comoriens. D’ailleurs, c’est ce que m’a dit l’intérimaire de l’ambassadeur », avance Ali Mohamed Ali.
Confiant, il explique que le royaume avait communiqué par une note verbale mais qu’en aucun moment il n’a refusé de délivrer de visa pour les Comoriens. « Le seul problème que nous avons eu, c’est que les dossiers n’ont pas suivi le canal diplomatique », renchérit Ali Mohamed. Sur 561 documents déposés, déjà 50 passeports flanqués des fameux sésames seraient en sa possession. « Le Maroc nous a remis 50 passeports avec les visas. Ils nous ont demandé de ramener la totalité des passeports avec nous pendant qu’ils étudient le reste des documents », a-t-il assuré.
Des dossiers avec de faux diplômes
Sur les 561 dossiers déposés, le ministère de l’Education a extrait une trentaine de dossiers qui comportaient des faux diplômes. Le directeur de l’enseignement, assisté du directeur de l’Onec, Ali Abdou Abdallah, a exprimé son regret que des faux diplômes de baccalauréat figurent parmi ces documents. Il promet des sanctions sévères. « Nous avions 561 dossiers […] officiellement. Nous avons extrait 36 faux dossiers. Il y’avait aussi des dossiers dissimulés et parmi lesquels, le dossier d’une fille âgée de deux ans pour un demande de visa étudiant! Franchement, ce n’est pas normal! », regrette Ali Mohamed Ali.
L’émissaire comorien explique que l’ambassade du Maroc traite les documents et que la rentrée universitaire des privés est prévue au mois de décembre. « Les réponses nous seront communiquées dès la semaine prochaine », avance l’émissaire. Il regrette que des autorités comoriennes se soient dérobées de leur responsabilité sur cette affaire. « On nous a trainé dans la boue donc on ne pouvait pas se dérober de nos responsabilité. Il faut à tout prix accompagner ces étudiants », dit-il avant de préciser que « si on est responsable, il faut assumer et apprendre à ne pas fuir ses responsabilités et ses engagements ».
A.O Yazid
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