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des Comores

Visa : Une erreur de cybercafé laisse une demandeuse seule face à sa procédure

Visa :  Une erreur de cybercafé laisse une demandeuse seule face à sa procédure © : HZK-LGDC

À Moroni, certains cybercafés proposent, dans la discrétion, des services liés aux demandes de visa qui ne figurent pourtant pas parmi leurs prestations affichées. Remplissage de formulaires, constitution de dossiers et prise de rendez-vous sont facturés aux demandeurs. Mardi 8 septembre, une erreur de CERFA reconnue par l’un de ces établissements a laissé une demandeuse seule face aux conséquences de cette faute.


Place Karthala, à proximité de l’agence Assurance Voyage des Îles, le petit établissement ne porte aucun nom apparent. Sur sa porte, une affiche le présente comme un « cybercafé – réparation d’ordinateur » et énumère plusieurs prestations, notamment fournitures de bureau et papeterie, la récupération de données, l’installation de systèmes Windows et Android, ainsi que les demandes d’extraits de naissance ou de mariage. La préparation des dossiers de visa ne figure pas parmi les services affichés. Pourtant, selon le témoignage recueilli sur place, deux hommes et une femme y remplissent des dossiers, les impriment et prennent des rendez-vous pour les demandeurs. C’est dans cet établissement que Mohamed Sonada a effectué une partie de ses démarches après son retour aux Comores, le 21 août dernier. « Depuis le 21 août que je suis revenue, j’ai payé quelqu’un 20 euros pour aller me renouveler le passeport », raconte-t-elle.

Alors qu’elle se trouvait à Mayotte, une amie lui aurait expliqué comment procéder pour obtenir un rendez-vous. « J’ai donné mon passeport à celui qui était à Mayotte afin qu’il puisse m’obtenir un rendez-vous », explique-t-elle. Pour la prise de rendez-vous au cybercafé, Sonada affirme avoir payé « 10 euros », puis « 23 euros une fois sur place », notamment pour les photocopies et les autres frais liés à son dossier. Le problème apparaît mardi 8 septembre, vers 11h30. Alors qu’elle attend son tour à l’accueil, Sonada découvre que son formulaire CERFA ne porte pas son identité. « Une fois dans la queue à l’accueil, j’ai vu le nom de Soulaimane Mariama, une Mohélienne. Pourtant, je m’appelle Mohamed Sonada », témoigne-t-elle. Elle affirme avoir voulu retourner au cybercafé pour récupérer ou vérifier son dossier. « Celui qui était au guichet a refusé », dit-elle. Elle reste alors sur place et présente ses photographies ainsi que sa pièce d’identité lors de l’entretien.

La femme présente au cybercafé reconnaît finalement l’erreur. « Il y a eu une erreur de notre part. C’est mieux qu’on te passe une adresse e-mail. Tu vas leur écrire et demander un autre rendez-vous. Il faut leur expliquer ce qui s’est passé et parler du rendez-vous d’aujourd’hui. Ils vont comprendre », lui aurait-elle indiqué. Selon la responsable, l’affluence pourrait expliquer la confusion. « Il y a du monde de 6 heures à 17 heures », rapporte Sonada. Elle ajoute qu’on lui avait demandé de « ne pas toucher les dossiers ». Après avoir payé pour être accompagnée dans sa démarche, la demandeuse repart finalement avec une simple adresse électronique et doit désormais expliquer elle-même la situation afin d’obtenir un nouveau rendez-vous. « J’ai laissé deux filles, une de quatre ans et la petite de deux ans », précise-t-elle.

Une source au sein de l’ambassade affirme par ailleurs que certains intermédiaires peuvent présenter des dossiers comportant des pièces incohérentes, notamment « des relevés bancaires qui ne correspondent pas à la personne ». De telles erreurs peuvent compromettre une demande de visa. Ces cybercafés ne sont pas des services de l’ambassade. Leur intervention relève d’une prestation privée et rémunérée. L’absence d’affichage de cette activité, alors que des demandeurs y confient leurs documents et leur procédure, pose donc la question de la transparence et de la responsabilité de ces intermédiaires. Dans le cas de Mohamed Sonada, l’erreur reconnue ne lui a pas seulement fait perdre du temps, elle l’oblige désormais à reprendre elle-même une procédure pour laquelle elle avait précisément payé afin d’être accompagnée.

Mohamed Ali Nasra

 


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