En seulement deux mois, entre juillet et août, la Cellule d’écoute de Ngazidja a enregistré 32 cas de violences sexuelles, touchant majoritairement des filles de moins de 10 ans. Face à cette hausse des signalements et aux moyens limités des structures de prise en charge, sa directrice, Nassabya Ibouroi, appelle à renforcer toute la chaîne de protection de l’enfance et encourage les victimes à briser le silence.
La question des violences faites aux enfants revient au cœur de l’actualité sociale. Malgré l’existence de structures dédiées, notamment les Cellules d’écoute, les professionnels de la protection de l’enfance font face à une hausse des signalements. À Ngazidja, les travailleurs sociaux sont en première ligne pour recueillir une parole souvent étouffée par la honte, la peur et le poids des tabous. Dans ce contexte, la directrice de la Cellule d’écoute de Ngazidja, Nassabya Ibouroi, revient sur les derniers chiffres enregistrés par ses services, les limites du dispositif actuel et le message qu’elle souhaite adresser aux victimes. Entre juillet et août, 32 cas de violences sexuelles ont été officiellement enregistrés par la Cellule d’écoute de Ngazidja. Un chiffre qui témoigne, selon elle, d’une situation préoccupante sur le terrain. Les victimes sont majoritairement des filles âgées de moins de 10 ans, selon les informations recueillies par les équipes de la Cellule. Un profil qui souligne la vulnérabilité des enfants concernés et la nécessité d’un accompagnement adapté.
Interrogée sur l’évolution des signalements, Nassabya Ibouroi confirme une tendance à la hausse. « Il y a bien sûr une augmentation », constate-t-elle. Cette évolution pèse directement sur les services chargés de l’accueil et de l’accompagnement des victimes. Si les structures de prise en charge existent, leurs moyens restent toutefois limités. « Les services d’écoute sont présents pour accueillir, écouter, orienter et accompagner les victimes, mais nos moyens restent limités face à l’augmentation et à la complexité des situations », explique-t-elle. Pour Nassabya, la réponse aux violences sexuelles ne peut reposer sur une seule institution. Elle appelle à renforcer l’ensemble du dispositif de protection de l’enfance et à améliorer la coordination entre les différents acteurs. « Il ne s’agit pas d’une seule institution. C’est l’ensemble de la chaîne de protection qui doit être renforcé », insiste-t-elle, en référence notamment aux services sociaux, à la justice, aux forces de l’ordre, au secteur de la santé et aux communautés.
Au-delà du constat institutionnel, la directrice de la Cellule d’écoute adresse également un message aux enfants victimes. Elle insiste notamment sur la nécessité de lutter contre le sentiment de culpabilité et le silence qui peuvent entourer les violences. « Mon message, c’est de dire à l’enfant qu’il n’est pas responsable de ce qui lui est arrivé et qu’il n’a pas à avoir honte. Il ne doit pas rester seul. Il doit parler à un adulte. Et si la première personne ne l’écoute pas, qu’il continue à parler jusqu’à ce que quelqu’un l’entende et le protège », affirme-t-elle. Elle rappelle les droits fondamentaux des enfants : « Je veux rappeler à tous les enfants une chose : ils ont le droit de vivre sans violence, ils ont le droit d’être protégés et leur parole compte. »
El-Aniou Fatima
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.
