La Gazette

des Comores

Violences faites aux femmes et aux enfants : Vers un cadre légal pour les services d’écoute

Violences faites aux femmes et aux enfants :  Vers un cadre légal pour les services d’écoute © : HZK-LGDC

C’est à la fois un constat et une ambition. À Moroni, le ministère du Genre reconnaît que les services d’écoute destinés aux femmes et aux enfants victimes de violences fonctionnent, mais restent dépourvus d’un cadre juridique solide. Réunis le 22 septembre dernier à Moroni, l’État et ses partenaires veulent désormais remédier à cette fragilité en élaborant un cadre juridique national. L’objectif est de transformer une chaîne d’initiatives dispersées en un véritable système national de protection, en cohérence avec la feuille de route 2026-2030.


Pendant des années, la prise en charge des femmes et des enfants victimes de violences aux Comores a reposé sur l’action des associations, des ONG et de certains services de l’État, sans véritable coordination ni cadre juridique clairement établi. Cette fragilité était au cœur d’un atelier stratégique organisé mardi 22 septembre à Moroni. Réunissant le ministère du genre, l’UNICEF, l’UNFPA, la Croix-Rouge française et le Service national d’écoute, la rencontre avait pour objectif de renforcer le dispositif existant et de lui donner un fondement juridique et institutionnel. Le constat partagé par les participants est clair : les Comores disposent déjà de structures capables d’écouter et d’orienter les victimes, mais leur fonctionnement reste fragile. L’absence de statut juridique et de mécanismes de coordination formalisés peut notamment compromettre la continuité de la prise en charge.

La rencontre, organisée avec l’appui de l’UNICEF, de l’UNFPA et de la Croix-Rouge française, et financée par le projet Shawiri à travers Eartheco Communication, a réuni la ministre Fatima Ahamada, son secrétaire général, la directrice générale du Genre, ainsi que des représentants de la justice, de la santé, de la sécurité et de la société civile. Pour les autorités, il est urgent de consolider l’existant. « Il ne s’agit pas de créer un dispositif à partir de zéro, il s’agit de donner un fondement juridique et institutionnel à un dispositif qui existe déjà et qui a démontré son utilité », a déclaré la ministre Fatima Ahamada lors de l’ouverture. L’enjeu est notamment d’assurer une meilleure continuité dans l’accompagnement des victimes. Les échanges ont porté sur la nécessité de renforcer les liens entre les services d’écoute, la police, les structures de santé et la justice, afin d’éviter les ruptures dans la prise en charge. Le document de travail présenté à l’atelier vise ainsi à consolider les mécanismes existants, à identifier leurs insuffisances et à établir une coordination plus formelle entre les différents acteurs de la chaîne de protection.

Cette démarche s’inscrit dans la politique nationale d’équité et d’égalité de genre. Selon la ministre, les travaux engagés ont contribué à l’élaboration de la feuille de route nationale de lutte contre les violences basées sur le genre pour la période 2026-2030. La directrice générale du Genre, Mouznat Djoumoi, a, pour sa part, insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective. « La protection des femmes et des enfants contre les violences ne peut cependant reposer sur l’action d’une seule institution. Elle exige la mobilisation de tous, État, collectivités, justice, santé, sécurité, société civile, communauté, leaders religieux et coutumiers, partenaires techniques et financiers, mais également de chaque citoyen », a-t-elle souligné. Cette approche élargit la question de la protection au-delà des seuls services spécialisés. Les autorités souhaitent notamment impliquer davantage les collectivités, les leaders religieux et coutumiers, les familles et les communautés dans le signalement et l’orientation des victimes. Les participants ont été invités à apporter leurs observations et leurs expériences de terrain afin de contribuer à l’élaboration d’un dispositif adapté aux réalités nationales et applicable sur l’ensemble du territoire national.

El-Aniou Fatima

 


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