Le tribunal correctionnel de Moroni a condamné Mamoune Mohamed Chafiou et Moussa M’madi, alias « Délégué », à cinq ans d’emprisonnement dont un an ferme pour diffusion d’images jugées contraires aux bonnes mœurs ce mardi 9 mars. Arrêtés le 27 février 2026 et jugés le 4 mars dernier, les deux hommes ont reconnu les faits. Leurs avocats ont annoncé leur intention de faire appel.
Pour rappel, les deux prévenus ont été interpellés pour avoir produit, enregistré et diffusé sur les réseaux sociaux des images jugées contraires aux bonnes mœurs par le biais d’un système d’information, une infraction prévue et punie par l’article 462 du code pénal. À la barre, Moussa M’madi, vêtu d’un kandu et sans bonnet, a déclaré ne pas se souvenir de son âge. « Je suis né sous le régime d’Ali Soilihi. Peut-être en 1975 ou 1976 », a-t-il indiqué. Pour expliquer les propos qui lui sont reprochés, il a affirmé qu’ils avaient été prononcés de manière inconsciente. Selon lui, tout serait parti d’une scène observée à la sortie d’un Dars, sur la place publique de Heléndjé, où un homme portait une petite fille dans ses bras. « Les discussions ont commencé à partir de cette scène. C’est inconsciemment que j’ai prononcé ces mots », a-t-il déclaré, ajoutant que seule une partie de la vidéo avait été enregistrée et diffusée.
De son côté, Mamoune Mohamed Chafiou, auteur de la publication, s’est présenté à la barre les larmes aux yeux. Il a expliqué qu’il s’agissait d’une vidéo semblable à celles qu’il publie régulièrement sur sa page TikTok pour générer des vues et des mentions « j’aime ». « Mon intention n’était pas de nuire. Lorsque j’ai reçu un appel m’informant de la gravité de la vidéo, je l’ai immédiatement supprimée. Le problème est que la vidéo a été coupée et diffusée en partie sur les réseaux sociaux », a-t-il déclaré.
Lors des plaidoiries, l’avocat de Moussa M’madi, Me Fahardine Mohamed Abdoulwahab, a insisté sur le déséquilibre mental de son client, affirmant que cet état est connu par les habitants de son village natal. Il a également soutenu que Mamoune Mohamed Chafiou aurait profité de la fragilité de son client. À l’issue de sa plaidoirie, il a demandé la relaxe pure et simple de Moussa M’madi. Dans ses réquisitions, le parquet a requis une peine d’un an d’emprisonnement ferme et une amende de sept millions de francs à l’encontre des deux prévenus.
Pour sa part, Me Yahaya Mohamed Djalim, avocat de Mamoune Mohamed Chafiou, a évoqué la « malchance » de son client et souligné que la diffusion partielle de la vidéo ne permettait pas de comprendre clairement l’origine de la scène. Il a ainsi s’en remettre à la sagesse du tribunal. À l’issue du verdict prononcé par le tribunal correctionnel de Moroni, les avocats des deux hommes ont annoncé leur intention d’interjeter appel.
El-Aniou Fatima
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