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des Comores

Violences basées sur le genre : Abidina appelle à une mobilisation nationale

Violences basées sur le genre : Abidina appelle à une mobilisation nationale © : HZK-LGDC

Après la fin du panel consacré aux violences basées sur le genre lors du séminaire gouvernemental 2025, Mahamoudou Abidina, secrétaire général du ministère de la promotion du Genre a lancé un appel urgent à une mobilisation collective contre ce fléau qui touche de nombreuses femmes et jeunes filles aux Comores. « Ce combat ne doit pas être l’affaire d’un seul ministère, mais de l’ensemble de la société ».


« Il ne s’agit pas d’un problème isolé, c’est une question qui touche toute la société, des institutions à la culture. Ce combat, il est le nôtre à tous », précise Mahamoudou, secrétaire général du ministère de la promotion du genre. Les statistiques récentes sur les violences basées sur le genre (VBG), publiées dans le bulletin du ministère pour 2024, font état de 722 cas enregistrés, dont 590 concernent des femmes et des filles de 11 à 17 ans, soit 82% des victimes. Si les chiffres montrent une légère baisse par rapport à l’année précédente, il reste un nombre trop élevé de victimes, surtout parmi les jeunes filles. « Ces chiffres sont le reflet de violences profondes et souvent invisibles. Mais même si nous avons observé une baisse, chaque cas reste une tragédie pour les victimes », souligne-t-il.

Le secrétaire général insiste sur le rôle primordial de la sensibilisation. Pour lui, l’éducation et la sensibilisation dès l’école sont essentielles pour changer les mentalités et prévenir ces violences. « Il est impératif de commencer dès l’école. La sensibilisation doit être un travail de fond, intégré dans tous les secteurs, pour que les jeunes générations grandissent avec la conviction qu’aucune forme de violence n’est acceptable. » Un autre point abordé concerne le manque de financement propre pour les actions anti VBG. Le gouvernement, selon lui, doit allouer un budget dédié à cette cause. « Bien que nous soyons soutenus par des partenaires comme l’UNICEF et l’UNFPA, nous ne pouvons pas toujours attendre l’aide extérieure. Il nous faut un budget national pour mener nos actions efficacement et renforcer nos services. »

L’interview souligne également la nécessité de renforcer les structures communautaires telles que les services d’écoute, comités de veille, clubs de mères, clubs d’hommes et d’adolescents, qui jouent un rôle clé dans la lutte contre ce fléau. Cependant, Mahamoudou Abidina rappelle que pour être vraiment efficaces, ces structures doivent être davantage soutenues par l’État. « Nous avons un tissu communautaire solide, mais il doit être mieux financé et renforcé pour lutter efficacement contre les violences. »

Pour lui, ce combat est d’abord un combat national, nécessitant l’engagement de tous : des chefs religieux, des autorités locales, des enseignants, des associations et des citoyens. Il insiste sur la nécessité d’une réponse collective pour éradiquer définitivement ce fléau. « Ce combat a été initié par le Président de la République, mais il doit devenir celui de tous. L’implication de chacun est essentielle, que ce soit les chefs religieux, les chefs de village ou les jeunes. Il est temps de s’unir pour mettre fin à ce fléau. » Et d’ajouter : « Ensemble, nous pouvons éradiquer ce fléau. Mais pour cela, il faut que chacun d’entre nous prenne ses responsabilités et agisse au quotidien », préconise Mahamoudou Abidina

Mohamed Ali Nasra


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