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Violence policière au lycée de Moroni : Mohamed Yahya, commandant de la gendarmerie : « C’est inadmissible ! Les gendarmes ne doivent pas se faire justice… »

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Violence policière au lycée de Moroni : Mohamed Yahya, commandant de la gendarmerie : « C’est inadmissible ! Les gendarmes ne doivent pas se faire justice… » © : HZK-LGDC

Dans un entretien qu’il a accordé à La Gazette des Comores, le commandant de la gendarmerie nationale ne ménage pas ses éléments qui s’en sont viollement pris à des élèves lundi dernier. A l’entendre, l’époque de l’impunité au sein de l’armée est derrière nous.


Droits de l’homme. Ce concept qui, jusqu’aux évènements du lycée de Moroni, semble avoir été complètement ignoré par les forces de l’ordre. Le commandant de la gendarmerie nationale, Mohamed Yahya alias Chigou est catégorique sur le respect de ce principe fondamental à la démocratie. Dans un ton repentant, et ferme, il condamne les actes de violence perpétrés lundi dernier par ses éléments du peloton d’intervention de la gendarmerie nationale (PIGN) et de l’escadron sur des élèves du lycée Said Mohamed Cheikh (lire nos éditions du 21 et 22 février).

« Les militaires se sont vengés alors que ce n’est pas permis. Ils se sont fait justice, c’est inadmissible », fustige celui selon qui les militaires ont été pris à partie par les élèves manifestants. « Mais cela n’est pas une raison de se faire justice. Ils devraient les ramener ici et suivre les procédures légales établies par la justice ». A la question de savoir si les éléments de l’armée nationale de développement ont été dispensés de formation ou pas, le commandant de la gendarmerie nationale assure que si :

« On les a formés suffisamment sur le respect des droits de l’homme. On les a formés sur les moyens de maitriser des manifestants sans pour autant recourir à la violence. Raison pour laquelle nous les punissons aujourd’hui, parce qu’ils font des choses contraires à leur formation ». Il ajoute que même si un militaire est tapé, « il n’a pas le droit » de répondre par la violence. « Ils ne peuvent pas se permettre de se faire justice eux-mêmes. Il y a des procédures judiciaires à engager ». A l’heure où nous bouclions ces lignes, le nombre des militaires qui croupissent dans une cage à Mdé, était augmenté à sept selon toujours le commandant de la gendarmerie.

« Il vont y rester pendant 40 jours conformément à la sanction disciplinaire que nous avons décidée », nous a fait savoir le commandant de la gendarmerie. Qu’est-ce qui leur arrivera après ces quarante jours d’enfermement ? Selon Mohamed Yahya, leur sort sera fixé par l’état-major lequel, après l’enquête dite « B2 » en cours, siégera en conseil disciplinaire. Au cours de notre entretien hier dans son bureau, le commandant de la gendarmerie nationale a tenu à préciser que les projectiles utilisés durant les échauffourées n’étaient pas des balles, mais des caoutchoucs.

Rappelons que l’autorité publique a souvent fermé les yeux sur les bavures des forces de l’ordre. Le 21 aout 2015, un « jeviens » s’est fait sauvagement lynché parce qu’il avait refusé de ramasser les pierres jetées dans la rue, à Gobadjou à la suite d’une manifestation. Ou encore ce 5 mars 2016 où, pendant la manifestation pacifique du mouvement Narawaze une dame s’est fait lamentablement matraquer au niveau de la cheville. Et tant d’autres bavures policières face auxquelles les autorités sont restées indifférentes, encourageant ainsi les dérives de la force publique dans leur mission de maintien de l’ordre. D’où ce sentiment d’hostilité entre civils et militaires qui n’a pas lieu d’être dans une démocratie.

 

Toufé Maecha

 


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