A la suite des tortures physiques administrées par des éléments de la gendarmerie à des citoyens qui n’étaient pas en possession de leur pièce d’identité, deux enquêtes sont ouvertes et au niveau de l’état-major et au niveau de la gendarmerie. Jusqu’à hier jeudi, des gendarmes étaient gardés dans un cachot.
Lors de notre entretien avec le commandant du groupement de Ngazidja de la gendarmerie nationale, Ramadani Mdahoma nous a fait savoir que la gendarmerie a appris ces informations sur les réseaux sociaux « comme tout le monde ». « Nous n’avons pas tardé. Immédiatement, le bureau de renseignement et sécurité militaire de l’état-major a ouvert une enquête de commandement », nous concède le commandant. La gendarmerie ne croisera pas les bras. Une note a ordonné la mise en place d’une commission spéciale chargée d’enquêter sur la même affaire. Où en est-on aujourd’hui ?
Jusqu’à hier en début d’après-midi, cinq gendarmes ont été entendus et certains d’entre eux sont mis aux « arrêts de rigueur » selon le jargon militaire. Revenant sur les événements du samedi soir, Ramadani Mdahoma, contrairement à certains observateurs, trouve qu’ « il est tout à fait normal » de garder à vue une personne qui ne porte pas de pièce d’identité. « S’il y a une tranquillité, relative soit-elle, c’est parce que des gendarmes patrouillent ici et là. Donc, si un gendarme n’arrive pas à identifier un individu, la garde à vue est normale ».
On est le soir du samedi 20 janvier. Le PIGN (peloton d’intervention de la gendarmerie nationale) effectue des patrouilles « régulières » sur Moroni. Dans différents endroits, ils ont ramassé des individus qui n’étaient pas en possession de leur pièce d’identité. 29 personnes au total selon les témoignages des victimes qui ont défrayé la chronique sur la toile. En effet, emmenés au camp militaire de Mdé, ces personnes, dont des femmes, ont subit des tortures physiques. Les images publiées sur facebook parlent d’elles-mêmes.
Le commandant du groupement de Ngazidja rassure la population que les gendarmes auteurs de ces violences, une fois identifiés, seront punis. « Que les citoyens soient rassurés. Après les enquêtes, il y aura des sanctions, sans concession ! ». Il convient de rappeler qu’en février 2017 lors des échauffures du lycée de Moroni, les gendarmes qui ont malmené les élèves ont payé de leurs actes. Un d’eux qui avait le grade de sergent fut radié, d’autres furent frappés de rétrogradation. Passant de gendarme breveté (sergent) à élève gendarme. Ou autrement, selon le grade. Ces sanctions disciplinaires sont censées dissuader les autres qui se croient tout permis dès qu’ils enfilent l’uniforme, oubliant que leur mission est d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens..
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