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des Comores

Urbanisme A Moroni, le danger des habitats précaires

Urbanisme  A Moroni, le danger des habitats précaires © : HZK-LGDC

L’incendie du 09 octobre qui a eu lieu à Mdjivurize a permis de mettre en lumière les dangers encourus par les habitants des quartiers les plus démunis. Des habitats précaires (le plus souvent en feuilles de tôles) collés les uns aux autres, très exposés en cas de sinistre ou de catastrophe naturelle, sans aucun contrôle, sans presque aucune voie d’accès. Cependant, le ministère de l’aménagement du territoire dit « être conscient du danger que cela peut représenter » et planche déjà pour une solution pérenne.


Le quartier de Mdjivurize a été le théâtre d’un incendie qui a anéanti près d’une dizaine de maisons en feuilles de tôles le 09 octobre dernier en deux petites heures. Selon un habitant répondant au nom de Kazal Kamardine, « il est probable que l’origine du sinistre soit un bâtonnet d’encens allumé qui aurait touché soit un rideau, soit un tapis ». Le feu s’est donc rapidement propagé aux autres habitations, collées les unes aux autres, sans aucune norme de sécurité.  

 

Ce jour-là, par ailleurs, les habitants de ce quartier, furieux que la Direction Générale de  Sécurité Civile ne puisse pas intervenir pour cause de camions citernes vides, avaient voulu s’en prendre à leur siège, à coup de jets de pierres, forçant les gendarmes à sécuriser la zone.

 

Des  quartiers quasi  inaccessibles et vulnérables

 

Mais à dire vrai, la localisation du lieu du sinistre était quelque peu inaccessible pour n’importe quel véhicule, à fortiori un camion. Aucun accès direct par une voie (terrestre)  quelconque, des maisons d’une promiscuité dangereuse, l’incendie de Mdjivurize a eu le mérite de mettre en lumière la dangerosité de ces lieux d’habitations qui prolifèrent à un rythme effréné dans la capitale mais pas seulement, au mépris de tout plan d’urbanisme ou d’aménagement du territoire. En l’absence d’une politique du logement, les comoriens les plus démunis font ce qu’ils peuvent. Avec des conséquences qui peuvent être désastreuses, notamment en cas de sinistre ou de catastrophe naturelle.

 

Pourtant, à  la mairie de Moroni, le chef du service d’urbanisme, Said Mohamed Said indique clairement se tenir « à des conseils et des orientations pour ceux qui veulent construire des maisons en tôle pour éviter un probable danger », et encore.

 

En fait, les permis de construction ne sont délivrés « qu’à ceux qui veulent bâtir des maisons en dur ». Pour les habitats précaires, aucun moyen de contrôle. En tout cas pour le moment.  Des sources officieuses font endosser  cette lourde responsabilité « aux propriétaires terriens qui ne pensent qu’aux profits ». Leur but, selon cette source, « c’est d’amasser le plus de gens possible sur leurs parcelles, qu’ils font louer entre 7500 et 20 000 francs, les conséquences, ils n’y pensent même pas ». 

 

Le chef du service d’urbanisme a fait savoir qu’il avait initié une discussion avec certains propriétaires terriens de la capitale mais elle a fait long feu. « Nous voulions les aider à réglementer leurs terrains et les maisons qui y sont construites mais évidemment moyennant une commission qui rentrerait dans les caisses de la mairie mais il n’y a pas eu de suite », a-t-il révélé.

 

Pas de permis de construction pour les maisons en tôle

 

Pourtant, le problème risque d’être sérieux. Majunga Be, quartier dont les tôles étincellent, est  sorti de terre, il y a à peine 6 mois. Celui-ci est situé en contrebas de la route, communément appelée, « route d’Elback », dans une sorte de cuvette. Là-bas, une quarantaine d’habitats sont alignés. Entre deux rangées de maisons, un petit chemin sinueux, où deux individus peuvent à peine passer en même temps. Parfois pour atteindre un point b, on doit faire avec des espèces de marche naturelle ou alors monter sur un tronc d’arbre, posé là, pour faciliter l’accès. Ici aussi, de ce côté en tout cas, aucun camion ne peut y entrer. La borne fontaine est située à plusieurs mètres de là, vers Mboueni.  

 

Antika Dana, habitante de Majunga Be est elle aussi consciente du danger. «  En cas d’incendie, nous sommes convaincus que nous n’aurons pas le temps de pouvoir extirper quoi que ce soit, nous le savons mais nous n’avons pas le choix, tout au plus, espérons-nous pouvoir nous sauver à temps », a-t-elle dit. 

 

Un plan d’aménagement du territoire en  conception

 

Heureusement, les autorités comoriennes semblent être conscientes des conséquences désastreuses d’une urbanisation non maitrisée. C’est en tout cas, ce qu’affirme le ministre en charge de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme, Abdallah Said Sarouma. « Il est vrai que nous avons déjà fait ce constat, à savoir qu’il n’y a pas de plan d’aménagement réel du pays et ceci ne date pas d’aujourd’hui », a-t-il  d’emblée fait savoir. Pour cela, a-t-il poursuivi, « nous sommes en train avec l’Agence Française de Développement et nos amis de La Réunion, un plan d’aménagement  pour nos îles, qui verra le jour en décembre ».

 

Cependant, tout ne se fera pas en même temps. « Nous commencerons par l’île de Mohéli, sa petitesse nous servira d’expérience pour les autres », a-t-il avancé. Des techniciens en provenance de l’île de La Réunion sont attendus d’ici la fin du mois, « afin que ce plan soit mis en œuvre très rapidement ». Toujours est-il que Mohéli n’a pas été choisie seulement du fait de l’exiguïté de son territoire. « Il n’y a que sur cette île que l’on respecte un plan d’urbanisme conçu depuis la période coloniale », a révélé notre interlocuteur. 

 

Par ailleurs, l’ancien vice-président est lucide quant au fait qu’il faille mettre de l’ordre dans la capitale. « Pour qu’on puisse respecter un plan, il nous faudra peut-être détruire, tout comme à Mutsamudu », a-t-il lâché. Ce qui est sans doute un passage obligé.

 

Autre chose, « ici au ministère, nous sommes en train de mettre en place une équipe pour  contrôler les constructions en tôles ou les préfabriqués, et désormais les permis de construction seront orientés depuis le ministère vers les mairies afin qu’il y ait une transparence dans tout ce qui se fait dans nos villes », a prévenu, Said Abdallah Sarouma. Afin que la capitale du pays, lequel sera émergent d’ici 2030 « puisse être la plus belle vitrine qui soit ».

 

Fsy

 


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