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des Comores

Une étudiante comorienne harcelée au Maroc : Un mandat d’arrêt international contre les harceleurs

Une étudiante comorienne harcelée au Maroc :    Un mandat d’arrêt international contre les harceleurs © : HZK-LGDC

Une étudiante comorienne à Tanger accuse deux compatriotes de harcèlement sexuel et de menaces de mort. La justice Marocaine a engagé des poursuites, aboutissant à l’émission de mandats d’arrêt internationaux.


L’affaire prend une tournure judiciaire sérieuse. Deux ressortissants comoriens, Mounir Ali Ahamada et Saïd Yasine Saïd Mohamed, font désormais l’objet de mandats d’arrêt internationaux pour des faits présumés de harcèlement sexuel et de menaces de mort à l’encontre d’une étudiante comorienne résidant à Tanger, au Maroc. Selon les informations recueillies, la victime avait dans un premier temps saisi, le 23 février 2026, l’ambassade des Comores au Maroc à travers un courrier officiel resté sans réponse. Face à cette absence de suite, une plainte pénale a été déposée le 24 mars 2026 auprès du procureur du Roi près le tribunal de première instance compétent. Dès le lendemain, le parquet a réagi en enclenchant la procédure judiciaire. La plaignante a été entendue par la police judiciaire de Tanger le mercredi 1er avril 2026, a confirmé son avocat, Me Mouhseine Salim Ahmed. Quelques jours auparavant, le 30 mars, des mandats d’arrêt internationaux avaient déjà été émis contre les deux mis en cause.

 

D’après l’avocat de la partie civile, la jeune étudiante considérait initialement Mounir Ali Ahamada comme un homme de confiance, le décrivant comme un « grand frère » et un référent informel de la communauté comorienne à Tanger. Cependant, la situation aurait rapidement dégénéré. Toujours selon Me Mouhseine, Mounir Ali Ahamada aurait apporté une aide financière ponctuelle à la victime, avant de refuser tout remboursement, laissant entendre qu’une contrepartie de nature sexuelle était attendue. Face au refus de la jeune femme, celui-ci aurait multiplié les actes de harcèlement moral et sexuel, accompagnés de propos diffamatoires et de tentatives de dénigrement. L’affaire se serait encore aggravée avec l’intervention de Saïd Yasine Saïd Mohamed, présenté comme un proche de Mounir Ali Ahamada, qui aurait proféré des menaces de mort explicites à l’encontre de la victime.

 

Aux Comores, la procédure suit également son cours. Les mandats d’arrêt internationaux ont été transmis aux autorités compétentes, notamment au ministère de la Justice puis au ministère des Affaires étrangères, en vue de leur diffusion via Interpol et leur exécution en coordination avec les autorités marocaines. L’avocat de la plaignante affirme par ailleurs que des tentatives de règlement à l’amiable ont été engagées. « Ils nous ont contactés et ont cherché un compromis. Ils avaient accepté de présenter des excuses, mais à la dernière minute ils se sont rétractés, évoquant un désaccord sur les termes », a-t-il indiqué. Me Mouhseine souligne enfin que ce type de comportement ne serait pas isolé et alerte sur les risques potentiels pour d’autres jeunes femmes.

 

El-Aniou Fatima

 


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