La Gazette

des Comores

Une opération coup de poing, et après ?

Une opération coup de poing, et après ? © : HZK-LGDC

Le ministère de l’économie appuyé par les forces de l’ordre a lancé hier mardi une opération coup de poing pour faire respecter les prix de certains produits. Des commerçants dénoncent la décision de procéder à la fermeture de leurs magasins, arguant que la fixation du prix est libre selon la loi.


Une opération coup de poing pour contrôler les prix mais qui a fini par irriter les commerçants qui dénoncent un « abus ». Hier mardi dans la journée, les services de contrôles du ministère de l’Économie accompagnés des forces de l'ordre ont procédé à la fermeture de certains magasins de la capitale, et pour cause. Venus avec une liste des produits et des prix indicatifs officiels, ils estiment que les prix affichés dans les magasins sont « trop élevés ». Certains magasins ont été fermés pour ces raisons, et des commerçants interpellés.

 

« Il s'agit d'un abus. La loi est très claire, les prix sont libres. Ce qui est interdit c'est la concurrence déloyale, la vente à perte et l'entente illicite pour fixer des prix similaires », se défend chez nos confrères de Hayba FM Mohamed Keldi, dont les supermarchés Mag Market ont fait les frais des mesures intempestives des autorités. « Si l'État veut changer les choses, il faudra d'abord changer la loi ».

 

Dans l’après-midi du même jour, une réunion d’urgence devait se tenir au ministère de l’Économie entre les commerçants et les autorités. Le Syndicat des commerçants qui a du remuer ciel et terre pour faire libérer les commençants interpellés par la gendarmerie, avait décliné l’invitation. « Nous attendons les conclusions pour faire une déclaration », nous confiait son président Abdou Boina. Nous avons bouclé ces lignes avant d’avoir le compte-rendu de ladite réunion. Nous y reviendrons dans nos prochaines éditions.

 

S’il existe parfois une structure des prix homologués, sur un certain nombre de produits de première nécessité, c’est toujours l’aboutissement de négociation entre l’Etat et les importateurs, surtout pendant la période de ramadan pour éviter une forte flambée des prix. Mais dans ce cas l’Etat concède des réductions des droits et taxes en douane dans le but de soutenir le pouvoir d’achat du consommateur. Qu’en-est-il aujourd’hui ? En fermant systématiquement les magasins de la capitale, pour les rouvrir quelques heures plus tard, ne s’agirait-il pas plutôt d’une maladroite opération de communication qu’autre chose ?

 

Nassuf Ben Amad

 

 


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