Alors qu'elle officialise un rapprochement diplomatique avec Moroni, la Russie a torpillé un second navire battant pavillon comorien en moins de dix jours. Cette attaque a coûté la vie à un marin et relance les critiques sur l'utilisation des pavillons de complaisance.
Le 23 octobre, le Khoryv, un cargo de 43 ans battant pavillon comorien, a coulé à 13 milles marins de Constanța (Roumanie) après une attaque de drones attribuée à la Russie. À bord se trouvaient 13 marins dont 10 de nationalité ukrainienne et 3 azerbaïdjanaise, selon nos confrères de TVR, la télévision publique roumaine. À la suite des frappes, le navire s'est retourné. L'attaque a fait un mort et trois portés disparus, tandis que les neuf autres membres d'équipage ont été secourus par les secours roumains et un navire commercial. Le bâtiment pris pour cible est un cargo spécialisé dans le transport de minerais et de pétrole.
Le Premier ministre roumain, Luca Niculescu, a qualifié l'incident d'« inacceptable » et de « violation flagrante de la liberté de navigation ». De son côté, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a condamné cette nouvelle escalade de la Russie, dénonçant des attaques qui « défient ouvertement le droit international ».
Cet événement tragique met en lumière une réalité inquiétante. Les navires battant pavillon comorien, entre autres navires civils, sont désormais directement pris pour cible en mer Noire. Le 16 octobre dernier, l'Agence Nationale des Affaires Maritimes (ANAM) avait déjà publié un communiqué pour dénoncer une attaque par drone militaire visant un autre pétrolier sous pavillon comorien, le Yara J, au large de Sulina, en Roumanie.
Ces incidents à répétition interviennent alors que la Russie et les Comores ont acté un rapprochement diplomatique, marqué par la nomination début septembre du premier ambassadeur russe résidant à Moroni. Depuis plusieurs années, une partie de la flotte fantôme mobilisée par la Russie pour contourner les sanctions sur son pétrole navigue sous pavillon comorien, l'archipel étant souvent pointé du doigt pour ses registres de complaisance en matière de réglementations internationales.
Toufé Maecha
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC