Un pêcheur a capturé illégalement un cœlacanthe dimanche matin, au large de l’île d’Anjouan. Menacé d’extinction, le cœlacanthe entre la catégorie des espèces protégées mais le manque d’information et la méconnaissance des lois, font que de nombreux paysans et pêcheurs se mettent inconsciemment à capturer ou détruire ces richesses naturelles maritimes et terrestres.
Dimanche, un pêcheur est tombé sur un cœlacanthe. Tout fier, il n’a pas manqué de l’exposer une fois sur la terre ferme. Des photos ont été largement publiées dans le réseau social facebook. En début d’après-midi, une vente aux enchères a même été annoncée. Le pêcheur n’avait pas conscience d’avoir capturé illégalement une espèce protégée, en voie d’extinction. Ni ceux qui l’ont accueilli et exposé au grand public, manifestement.
Une loi de 1994, interdit la capture, la détention, la mise à mort, le transport, l’achat, la vente, l’exportation de cœlacanthes, sous peine d’une amende pouvant aller jusqu’à 3 millions de francs et d’une peine maximum de 5 ans d’emprisonnement, comme l’a souligné le chercheur du CNDRS, Ibrahim Yahya. Idem pour toutes les espèces animales ou végétales endémiques, rares et menacées d’extinction.
Le secrétaire général de l’UCCIA, Fakriddine Abdoulhalik, est l’un des premiers à s’être indigné devant une telle mise en scène. Suite à la capture d’une, a-t-il dit : « espèce protégée, plusieurs fois millénaire, qu’on croyait disparue depuis 63 millions d’années, objet de curiosité des scientifiques du monde entier est la plus grande découverte zoologique du 20ème siècle ». Ce dernier a rappelé qu’elle fait non seulement notre « fierté » mais « qu’elle ne se trouve que dans les eaux Comoriennes».
Des actes contre les espèces protégées sont de plus en plus récurrents. Il y a moins de deux semaines, des braconniers ont tenté de voler 5 tortues marines à Itsamia, village du parc marin de Mohéli. Là encore, ce sont encore des comoriens qui ont été les coupables.
Les autorités, organisations et divers projets financés pour la protection de l’environnement, des espèces naturelles en voie de disparition devraient intensifier leurs activités de sensibilisation et d’éducation. Ce dernier cas, démontre que le plus souvent, les malfaiteurs n’ont pas forcement conscience de leurs actes, sur la nature et sur l’environnement. Les paysans, les pêcheurs, et tous ceux qui travaillent dans les milieux marins ou terrestres en contact permanent avec ces aires et ces espèces protégées ne sont pas toujours sensibilisés et suffisamment informés.
Les multiples projets financé par le Système des Nations Unies, l’AFD, l’Union Européenne et la COI, ayant pour mission de promouvoir le développement durable et de protéger la biodiversité devraient aller sur le terrain dans les milieux ruraux. Les séminaires d’études et autres mobilisant les cadres dans les grands hôtels ne font que bouffer toute cette manne financière sans pour autant toucher les populations cibles.
Al-hamdi Abdillah Hamdi
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