Le couvre-feu décrété par le Président de la République semble imposé par la force publique faute de sensibilisation préalable. Bien que dans les grandes villes (Moroni, Mutsamudu et Fomboni) ce dernier soit respecté, dans d'autres localités éloignées et environnantes, les mesures ne sont pas suivies. Et pour les faire respecter, les forces de l'ordre font parfois usage de la force.
Le Président de la République, Azali Assoumani à travers le décret N°20-065/Pr, a décidé la mise en place d’un couvre-feu sur l’ensemble du territoire national (20 heures à 5 heures du matin) et cela dans « l’impérieuse nécessité de renforcer et de consolider les mesures de protection et de riposte contre la propagation du Coronavirus ». Une autre mesure qui vient s’aligner aux autres prises bien avant notamment les gestes barrières (distanciation sociale, lavage quotidien des mains…) et l’interdiction des prières collectives et de vendredi. Chargées par ce dernier de veiller à son application et au respect scrupuleux de ces mesures, les forces de l’ordre via le directeur de cabinet et la Police à travers le Ministre de l’Intérieur ne se laissent pas faire.
Tous les soirs, des patrouilles se font de zone en zone. Et à Moroni comme dans d’autres zones, les forces de l’ordre obligent les gens se trouvant sur leur terrasse à rentrer dans leur maison. Un cas que nous a rapporté un habitant de Hadoudja. Ce dernier affirme avoir été intimé de rentrer à l’intérieur au moment où il voulait prendre l’air sur sa terrasse en cette période de chaleur. A Vouvouni, dans la soirée du mardi, un groupe de personnes se trouvant aux alentours du stade de basket disent avoir été refoulés à coups de matraque. Bien que conscients d’avoir violé le couvre-feu, ce groupe de jeunes s’indigne de l’agressivité des gendarmes. « Il est vrai qu’il était 21 heures et qu’on n’a pas respecté le couvre-feu mais ce n’est pas une raison d’être tabassé comme si nous avions commis un crime », explique Kader, un des jeunes qui a eu le temps de fuir.
Ce dernier se demande « pourquoi agir violemment pour l’intérêt de tout le monde. Le pire c’est que, eux-mêmes respectent moins les mesures prises ». Kader, comme les autres qui ont eu le temps de fuir se remémore les faits et se dit que « lorsqu’ils (les gendarmes) sont arrivés, ils ont tout de suite commencé à frapper. C’est injustice ». Contacté à propos des pratiques agressives, un officier nie complètement. Ce dernier rassure que les forces de l’ordre ne font que « des interpellations et qu’il y a un grand nombre qui fuient et qui se blessent ». Pour ce qui s'est passé à Vouvouni, ce dernier affirme que leur patrouille du soir se limitait à Mdé. Qui donc a fait irruption à Vouvouni ? Pour rappel, les personnes attrapées par les forces de l’ordre auront à payer une amende de 25 000 FC pour non respect du couvre-feu. En cette période de crise sanitaire, si la population ne respecte pas les mesures à quoi doit-elle s'attendre ?
A.O Yazid
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