Depuis août 2025, le ministère de l'Intérieur connaît une accélération de ses actions sécuritaires, sociales et territoriales. Le ministre affirme que « les résultats parlent d'eux-mêmes » et met en avant une nouvelle organisation plus rigoureuse. Dans cette dynamique, il s'appuie sur un directeur de cabinet au profil singulier, issu de la gendarmerie nationale, qui structure discrètement les opérations, aux côtés des conseillers qui accompagnent quotidiennement le ministre.
Le ministère de l'intérieur et de la décentralisation entre, depuis plusieurs semaines, dans une nouvelle phase. « Nous avançons, pas à pas, avec méthode », assure le ministre et les premières opérations menées contre la délinquance à Madjadjou, la régulation de l'ordre public lors de la crise des taxis-Vitz ou encore les concertations avec les commerçants en témoignent. Cette séquence montre une volonté politique assumée, portée par le Ministre et structurée par une équipe renforcée. Parmi les pièces maîtresses de cette nouvelle architecture administrative figure le directeur de cabinet, nommé en août et dont la présence reste discrète. Ce retrait volontaire du devant de la scène nourrit sa réputation d'homme réservé, méthodique, parfois qualifié d'apolitique. « La neutralité, c'est un atout, pas une faiblesse », explique un membre du cabinet, rappelant que le ministre recherche avant tout efficacité, loyauté et stabilité.
Le nouvel environnement repose désormais sur une approche plus méthodique, inspirée d'un profil forgé dans la discipline, le renseignement et l'enquête judiciaire. Abderemane Boina Mohamed, un ancien lieutenant-retraité de la gendarmerie, cumule plus de trente années de service au cœur des unités les plus sensibles : commandement de la Brigade de Recherches, direction de la Brigade Anti-Drogue, gestion du Fichier central du renseignement judiciaire, coordination nationale de la sûreté et sécurité aéroportuaire, puis direction de la Documentation et de la Protection de l'État. Un parcours dense, qui continue aujourd'hui de nourrir le travail administratif mené au ministère. Un haut responsable décrit même que « son expérience apporte une profondeur que peu peuvent revendiquer ». À l'expertise sécuritaire s'ajoute une dimension politico-territoriale acquise lors de son passage à la mairie de Moroni puis en tant que Préfet, à une période où les rapports territoriaux entre les îles exigeaient finesse et sens de l'équilibre institutionnel.
Depuis l'arrivée du directeur de cabinet, cette philosophie guide l'action interne. Une dynamique progressive s'installe : réunions plus structurées, suivi renforcé des dossiers territoriaux, relance du processus de décentralisation, préparation du congrès des préfets et maires, pilotage des opérations conjointes Police-Gendarmerie et coordination des interventions dans l'espace public. « Nous travaillons pour faire bouger les lignes », insiste le ministre, convaincu que les résultats doivent primer sur les discours. Cette nouvelle énergie n'est pas le fruit d'une seule personne mais d'un travail collectif. Autour du Ministre, ses conseillers assurent une présence constante, traduisent les priorités politiques et veillent à la cohérence opérationnelle.
Il reconnaît d'ailleurs que « chacun joue sa partition, et le plus important est ce que nous livrons au pays ». Pour beaucoup, cette équipe marque une rupture. Les actions menées ces dernières semaines, visibles et concrètes, montrent que la machine administrative se remet en mouvement. La lutte contre la délinquance, la gestion des crises sociales, l'encadrement des transports, l'occupation anarchique de l'espace public, la restructuration territoriale : autant de fronts sur lesquels le ministère avance.
Ibnou M. Abdou
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