La Gazette

des Comores

Télécommunications : Le Gateway et ses zones d’ombre

Télécommunications : Le Gateway et ses zones d’ombre © : HZK-LGDC

Le débat sur l’utilité, la pertinence et le choix d’Asteria, société chargée de la gestion du système de contrôle et de sécurité des appels entrants et sortants appelé Gateway, est loin de prendre fin. Cette fois, c’est une question des bénéfices que devrait générer le système à Comores Telecom.


Si d’une part Comores Telecom a déjà ratifié le contrat avec la société Astéria pour le contrôle et la sécurité de ses appels entrants et sortants à travers le système Gateway, il n’en reste pas moins que des imperfections et des irrégularités sont constatées ici et là. Une source proche du dossier sous couvert d’anonymat nous affirme qu’il y a deux points importants à prendre en considération. Notre interlocuteur pointe d’abord du doigt l’ANRTIC, le régulateur qui selon lui « a laissé le contrôle total de notre trafic à Asteria sans aucune façon de pouvoir contrôler ce qu’ils font de nos communications internationales », regrette celui qui affirme que « la diaspora paie en appelant aux Comores et c’est surtout leur argent qui est contrôlé et géré par Asteria ».

 

La somme mise en en jeu se situerait « entre 25 et 30% du chiffre d’affaires de la société nationale des télécommunications » selon notre source. « Asteria est supposé payer à Comores Telecom l’argent qui vient de la terminaison des appels internationaux mais ce n’est plus le cas. Cet argent est versé au ministère des télécommunications qui a ouvert une régie comme le trésor pour le recevoir ». « L’argent est-il alors reversé à Comores Télécom ? Nous ne savons rien car ce sont des opérations assez opaques », poursuit notre source affirmant ainsi que la procédure menée depuis le début par les autorités « n’a pas été conforme » et « cela signifie que Comores Telecom est dépouillée de ces ressources et l’ANRTIC ne sera pas en mesure de savoir de combien il s’agit vraiment car elle n’a aucun moyen de contrôle ».

 

Interrogé sur le sujet lors du compte rendu du conseil des ministres hebdomadaire de ce 16 juin, le porte-parole du gouvernement Houmed Msaidie a dit que « si les choses se sont déroulées de la sorte, c’est parce qu’il se peut qu’il s’est passé des choses louches ». « Je ne peux pas affirmer quoi que ce soit mais il se peut qu’il y ait eu malversations et c’est pour cela qu’il a été ouvert un autre compte », dit-il. Le porte-parole du gouvernement parle de recettes générées par le Gateway et suppose que la gestion du système de contrôle qu’avait la société nationale n’était pas en règle et que ce sont les études établies qui ont poussé à changer de main dans l’espoir de générer beaucoup plus. « Si la société en charge de la gestion de ce système n’arrive pas à répondre aux exigences de l’État, le contrat sera rompu », lance-t-il, tout en rassurant que la société Asteria n’est pas Zeus… Nous y reviendrons dans nos prochaines éditions.

 

A.O Yazid

 


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.