La Gazette

des Comores

Télécommunication Pourquoi l’Etat engage la société Asteria ?

Télécommunication  Pourquoi l’Etat engage la société Asteria ? © : HZK-LGDC

La question mérite bien d’être posée mais la vérité est loin de sortir de son trou. L’institution du système de contrôle et de sécurité, Gateway, ne fait pas l’unanimité car, d’une part la Banque Mondiale, qui déconseille au gouvernement comorien de le mettre en marche en se basant sur les expériences effectuées, dénonce des « passerelles ne fonctionnant jamais bien », d’autres accusent la société Zeus d’être derrière ce projet à travers la société Asteria. Des pros Gateway, eux, nient toute appartenance du prestataire à la société Zeus et accusent ceux qui montent au créneau de vouloir couvrir leurs magouilles effectuées à travers l’opérateur historique des Comores.


La société Asteria Parteners Sarl est nommée prestataire de service pour le compte de l’Etat comorien et assure la gestion de la passerelle unique suivant les termes de sa convention avec l’Etat de l’Union des Comores comme stipulé en l’article 2 de l’arrêté N°21-002/MPTENI fixant l’exploitation de la Plate-forme Internationale en Union des Comores dans le cadre du dossier d’institution d’un système de contrôle et de taxation des communications téléphoniques et des données internationales entrant en Union des Comores. Un choix dénoncé par des acteurs des TICs. Selon de nombreux observateurs, le prestataire ne serait pas crédible. Une source proche du dossier, nous affirme que « même la Banque Mondiale serait contre ce système et qu’une mission va arriver pour déconseiller au gouvernement d’aller vers cette passerelle. Une séance d’apprentissage avec le gouvernement a été proposée ». « La Banque Mondiale précise à travers leur expérience que cela a un impact négatif sur le développement du secteur. Les passerelles ne fonctionnent jamais bien », nous confie notre source.

Derrière ce projet selon nos informateurs, il y aurait un groupe de personnes qui n’affichent que la seule vocation de « s’enrichir ». « Certes le marché est dégradé depuis 2016 sur la marque comorienne mais avec ce système admettre que Asteria aura 60% et l’Etat 40% est inadmissible. C’est une perte totale pour l’Etat », nous confie-t-on.

Selon le site luxembourgeois OpenGazettes, révélé par le canard de l’Etat, Alwatwan, derrière la société Asteria se cache la société Zeus Telecom laquelle a eu des déboires judiciaires avec Comores Telecom et condamnée à payer des sommes colossales à l’opérateur historique des Comores. Zeus ne serait pas bonne élève dans l’Afrique de l’Est notamment au Burundi ou encore au Ghana selon les révélations du premier journal des Comores.

Les autorités d’une part laisse entendre, par la voix du directeur général de l’Autorité nationale de la régulation des TIC (ANRTIC), que « Zeus n’est pas Asteria ». Dans le camp des pros Gateway, une autre source soutient les dires de Said Mouinou Ahamada. Ce dernier affirme que « les deux société n’ont rien en commun » malgré ce que révèle OpenGazettes. Ce pro Gateway accuse des gens de vouloir « couvrir leurs arrières car se faisant des millions d’argent à travers Comores Telecom ».

Loin de pouvoir démêler le vrai du faux dans ce dossier, nous nous demandons juste quel sort sera réservé au consommateur comorien, si le contrat est mis en exécution. Les acteurs engagés dans le secteur rappellent que « au lieu d’aller traiter avec une société étrangère pour ce qui est des donnés de télécommunications, l’Etat aurait pu faire confiance à des comoriens capables de faire le boulot sans faire appel à une société qui n’est pas crédible », en termes de souveraineté nationale et préservation de la vie privée.

A.O Yazid


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