Depuis quelques jours, le pays fait face à une pénurie des produits de première nécessité. Comment expliquez-vous cette situation ?
Nasra Mohamed Issa : Nous savons effectivement qu’il y a des problèmes d’approvisionnement mais c’est une chose et cela on l’a tous vu venir. Nous sommes très déçus. Déçu par un manque d’organisation manifeste, par cette absence totale de prévision et par ce manque de réactivité des décideurs. L’Etat aurait pu se rapprocher des pays voisins qui sont dans la même situation, pour une optimisation des livraisons par exemple. Il doit instaurer le dialogue entre les importateurs, les transitaires et les consommateurs en vue de trouver une solution et ainsi garantir la sécurité alimentaire de la population.
Nous constatons que le pays manque de tout et les prix flambent. Quelle serait la solution pour résoudre cette crise sachant que les taxes douanières ont aussi augmenté ?
N.M.I : Le pays manque de tout, le peu qui nous arrive est malheureusement hors de prix. Le pain est rationné quand on arrive à braver les queues dans les boulangeries, les produits carnés ont quasi disparu de la circulation, les autres denrées ont vite suivi le mouvement, tous manquent. En quelques semaines, les prix se sont envolés. Et tout cela, c’est sans citer les produits livrés, de basses qualités, qui ne répondent à aucune norme sanitaire et mettent en danger la sécurité alimentaire. Face à la montée des prix des denrées de première nécessité, nous redoutons une situation de précarité du consommateur dans un pays où il n'y a aucun dispositif d’aide ni d’allocations pour les plus démunis. Aucune explication de la part de l’état, pire encore, il y’a un déni. Les taxes restent élevées. Il est temps que les décideurs pensent à faire des concessions. Ces taxes doivent être raisonnables. Il faut mettre en place des mesures d’accompagnement. Il faut un dialogue sérieux et un suivi des plans d’organisation.
Comment expliquez-vous le silence du gouvernement depuis le début de cette crise.
N.M.I : Nous en tout cas, nous sommes très déçus par ce silence. La FCC a toujours favorisé le dialogue. L’Etat doit en faire autant, il est urgent de rassembler tous les acteurs économiques et sociaux pour en tout cas prévenir et mieux appréhender la suite car nous ne sommes qu’au début de la crise. C’est inacceptable que le comorien qui ne mange pas déjà à sa faim continue à vivre ce cauchemar.
Propos recueillis par Andjouza Abouheir
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