Trois femmes et leurs trois enfants sont retenus depuis le 11 avril à l’aéroport d’Alger après avoir été expulsés de la France suite à une erreur judiciaire. Face à cette injustice, l’avocat alerte le consulat de France à Alger sur cette situation qu’il estime « illégale et inhumaine ».
Me Saïd Larifou a adressé une note officielle au consul général de France à Alger ce
dimanche 13 avril concernant une situation jugée « arbitraire et contraire au droit international
». Il s’agit de trois enfants mineurs de nationalité française, expulsés vers l’Algérie avec leurs
mères comoriennes, et actuellement retenus dans la zone internationale de l’aéroport d’Alger
depuis le vendredi 11 avril. Dans son courrier, Me Larifou aux côtés de Me Roger Bisalu,
avocat au barreau de Seine-Saint-Denis, intervient au nom des trois mères. Il s’agit de
Madame Djamila Ahmada Kafalou, Madame Nassila Mmadi et Madame Abkaria Mmadi. Ces
dernières agissent comme représentantes légales de leurs filles respectives : Nassia Hodari,
Maelys Abdoul Madjid et Zaitouni Djalim, toutes trois de nationalité française.
« Monsieur le Consul Général, mon cabinet d’avocat et celui de Maître BISALU Roger,
inscrits au barreau de Seine-Saint-Denis, sommes constitués par ces mères dans le cadre de la
plainte engagée pour refus d’entrée en territoire français, leur placement en zone d’attente
avec leurs enfants, et leur expulsion arbitraire vers l’Algérie », peut-on lire dans cette lettre.
Selon l’avocat, cette expulsion est non seulement injustifiée, mais surtout illégale. Il rappelle
que la France est signataire de conventions internationales interdisant le placement en
rétention administrative ou en zone d’attente d’un enfant mineur français accompagné de sa
mère étrangère. « Comme le stipulent les textes en vigueur, notamment les engagements
internationaux signés par la France, un enfant mineur français ainsi que sa mère de nationalité
étrangère ne peuvent pas être placés en rétention administrative ou en zone d’attente »,
souligne-t-il.
Ce dernier insiste sur l’urgence de la situation et la nécessité d’une intervention consulaire
immédiate pour assurer la protection juridique et humanitaire de ces enfants français. Il
appelle les autorités consulaires à exercer leur rôle fondamental de protection des citoyens
français à l’étranger. « Je sollicite le bénéfice d’une protection consulaire au profit de ces trois
enfants mineurs de nationalité française qui sont retenus à l’aéroport d’Alger depuis le
vendredi 11 avril dernier », plaide-t-il, dénonçant « la souffrance et la maltraitance » dont ces
enfants seraient victimes.
La situation soulève de graves inquiétudes sur les pratiques administratives en matière de
contrôle des frontières et sur le respect des droits fondamentaux, en particulier ceux des
enfants. Pour Me Larifou, cette affaire est emblématique d’un système qui, parfois, oublie
l’essentiel ; l’humain. « Il est impératif d’accorder à ces enfants une protection consulaire, qui
est un droit absolu et fondamental, afin de mettre fin à leur souffrance », écrit-il, ajoutant que
« la protection consulaire n’est pas une faveur, c’est une obligation légale ».
À travers cette démarche, les avocats espèrent obtenir une réaction rapide des autorités
françaises à Alger pour garantir la sécurité des enfants concernés et leur permettre de
rejoindre la France dans le respect de leurs droits. « Il en va de l’image de la France, mais
surtout de la protection d’enfants innocents qui n’ont commis aucune faute », signe Me
Larifou, déterminé à faire respecter la loi et les droits des mineurs français, quelle que soit la
situation administrative de leurs parents.
Mohamed Ali Nasra
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC