Pendant que Jean-Marc Heintz rejette toute solution permettant à Ab-Aviation de reprendre ses activités, le ministère des transports a eu recours à la huitième liberté de l’air pour sauver une compagnie à bout de souffle.
Immobilisée depuis le 15 janvier par la seule volonté de Jean-Marc Heintz, directeur général de l’aviation civile, la compagnie Ab-Aviation pourrait reprendre ses activités dès cette semaine au nom de la huitième liberté de l’air.
« La volonté du chef de l’Etat à favoriser et aider les compagnies aériennes nationales à se développer nous a permis de déroger suivant l’article 336 de notre code de l’aviation civile pour autoriser, par l’intermédiaire d’AB-Aviation, une compagnie étrangère à faire du cabotage (Ndlr : autre appellation de la huitième liberté de l’air) », se confesse à La Gazette des Comores le secrétaire général du ministère des transports, Dahalane Said Salim.
Il y a exactement quatre mois, l’aviation civile comorienne a brutalement interrompu les activités d’AB-Aviation pour des raisons d’abord financières avant d’être travesties au fil du temps. Plusieurs solutions ont été mises sur la table. Ferme sur ses étriers, Jean-Marc Heintz cet ancien directeur de Comores Aviation en faillite et aujourd’hui à la tête de l’aviation civile, les a toutes balayées.
Parmi ces solutions, il y a d’abord ce protocole d’accord signé par le vice-président en charge des transports le jeudi 2 mars dernier mettant fin « d’une manière définitive » au litige. Au moment de la signature, la compagnie a remis un chèque de 20 millions de nos francs « sur un montant total de 67 000 000 KMF convenu auprès de la vice-présidence pour le compte de l’agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (lire notre édition du 3 mars) ». Malgré l’autorisation de son supérieur hiérarchique qui, lui, agissait sous l’ordre direct du chef de l’Etat, le directeur de l’Anacm a maintenu sa position.
Il y a également cet accord trouvé sous la houlette du parlement le 4 février où l’Anacm s’était engagée « à lever la suspension du permis d’exploitation aérienne (PEA) et à autoriser la reprise des activités de l’Embraer120 (D6-ABA)… ». Les conditions exigées remplies entièrement par la compagnie, l’aviation civile a rebondi et est revenue sur ses engagements.
Alors qu’aujourd’hui le ministère des transports a recours à la huitième liberté pour sauver le soldat « AB », force est de se demander s’il ne s’agit pas d’un coup d’épée dans l’eau. En effet, dans un courrier en date de 23 janvier le ministère avait déjà essayé de faire fléchir Jean-Marc Heintz en vain. La huitième liberté de l’air sur laquelle s’appuie le ministère pour sauver AB-Aviation, doit être accompagnée d’une clearence émanant de l’Anacm tel que le reconnait M. Dahalane. L’Anacm donnera-t-elle cette autorisation cette semaine ?
Une source gouvernementale rassure, « sinon des têtes tomberont à l’Anacm ». Il faut dire que le plan financier qu’AB-Aviation a remis à l’Anacm est jugé solide par le directeur de cabinet du chef de l’Etat qui est chargé du dossier. Dans notre édition du 26 avril il avait déclaré que les remarques qu’il a faites « ne sont pas de nature à bloquer le processus ». Alors, wait and see.
Toufé Maecha
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