La Gazette

des Comores

Transports 2017, une année de forte turbulence dans le ciel comorien

Transports 2017, une année de forte turbulence dans le ciel comorien © : HZK-LGDC

2017 aura été une année agitée pour les transporteurs, aériens comme terrestres. Les premiers en ont vu de toutes les couleurs avec l’aviation civile, tandis que les seconds ont dû faire front contre les autorités pour ce qui est de la durée de validité des vignettes automobiles.


Les compagnies aériennes nationales n’ont pas connu une année clémente. Les déboires se sont enchaînés. Des crises telles que certains d’entre eux ont, un moment, songé à déposer le bilan tandis que d’autres ont été forcés de mettre la clé sous le paillasson, contre leur gré.

En janvier 2017, quelques mois seulement après son arrivée à la tête de l’aviation civile (Anacm), Jean-Marc Heintz a sorti des placards les ardoises de la compagnie. Rapidement, une vraie campagne de dénigrement sera engagée par l’autorité de l’aviation civile à l’encontre de son ennemi du moment, AB Aviation. Un conseiller du chef de l’Etat ainsi qu’un ancien directeur de journal se sont vus engagés par l’Anacm dans le but de mener à bien l’ « opération ». Ils auront réussi le coup car AB Aviation ne volera pas avant l’arrivée du successeur de Jean-Marc Heintz, fin août.

L’autre compagnie de droit comorien Int’Air Iles se fait prendre à partie, à son tour. L’aviation civile lui a imposé des mesures de sécurités additionnelles pour la destination Mayotte et la Réunion. Dans une note d’information de juillet (2017), l’aviation civile informe que « désormais, le vol direct entre l’aéroport international Moroni Prince Said Ibrahim et l’aéroport de Ouani est interdit pour les avions de type monomoteur en transport public ». La cible n’était autre qu’Int’Air Iles, seule compagnie de transport domestique en activité, et laquelle n’utilise que des avions monomoteurs. La note définira en revanche un autre trajet à suivre, jugé trop coûteux.

Quand AB Aviation a préféré se plier à toutes les exigences de l’Anacm en dépit de ce que les observateurs qualifiaient d’« acharnement », Int’Air Iles avait opté pour la riposte verbale.    

 « Le compte à rebours est en marche pour la dernière survivante qui est Int’Air Iles. Faire saigner celle-ci comme ce fut le cas de AB Aviation constitue-t-il aujourd’hui la mission principale du patron de l’aviation civile comorienne ? », avait écrit son directeur général, sur son profil facebook. Pour la première fois Int’Air Iles lève un doigt pour son concurrent AB Aviation, dans les griffes de l’aviation civile depuis plusieurs mois déjà.

Pourtant, l’aviation civile aussi est dans la tourmente. Le directeur général adjoint Yahaya Ahmed Mohamed, était en conflit permanent avec son supérieur de l’époque, Jean-Marc Heintz. Il n’a jamais joui de ses droits, sinon en un éclair de temps. Qui plus est, il lui était infligé des humiliations (chassé de son bureau, puis chassé de la cour de l’institution où il garait sa voiture tous les matins). Une situation devenue un lointain souvenir depuis l’arrivée d’un nouveau directeur général. Gauss endossera le rôle de sauveur. Si à son arrivée le surnommé Pec, directeur adjoint, a retrouvé ses droits, les compagnies aériennes aussi ont soupiré avec notamment la reprise des activités d’AB Aviation, début septembre.

Aujourd’hui, même les anciens défenseurs de l’ancien patron de l’Anacm portent tout un autre regard. Des membres du gouvernement qui ont participé de loin ou de près dans la médiation de ces crises avouent aujourd’hui que l’ex « DG » « n’avait d’autres motivation que d’en finir avec les deux compagnies de droit comorien pour créer la sienne ». Il y a d’abord eu Blue Sky qui a fini par être chassée du ciel comorien par les autorités à cause d’un accident évité de justesse. Blue Sky a été représentée à Moroni « officiellement » par Com’Air Assistance. Un projet auquel le désormais ancien « DG » était intimement lié, soupçonné d’y participer. Aujourd’hui, il s’agit du projet Air Corail, où selon l’organigramme dont nous avons copie, sa femme figure parmi les responsables de premier plan.

Si on a enregistré des déboires dans l’aéronautique, il y a tout de même eu des avancées notables. L’arrivée d’Ethiopian Airlines, l’arrivée prochaine de Turkish Airlines, ou encore South African Airways.  On peut citer la signature pour la réhabilitation et l’extension de l’aéroport international Moroni prince Said Ibrahim entre le gouvernement comorien et la société chinoise Sinohydro pour un montant de près de 77 milliards de nos francs (à l'exclusion de tous les impôts et taxes applicables). Il y eut également l’adoption du nouveau code de l’aviation civile adopté par les députés à la session dernière.

S’agissant du transport routier, les événements dans ce secteur sont toujours marqués par les sempiternelles grèves, dirigées par le syndicat Usukani Wa Masiwa. En octobre, une grève de ces transporteurs en commun a été évitée de justesse après un compromis entre ledit syndicat et l’exécutif de Ngazdija, qui prélève la taxe (vignette), la pomme de discorde de toujours. Autre accord, le délai de paiement de la vignette de l’exercice 2017 devait expirer le 1er janvier 2018. Tandis que celle de l’exercice 2018, encourt jusqu’aux mois de novembre et décembre toujours selon l’accord trouvé entre le syndicat et les autorités. Une embellie, du moins pour les 11 mois à venir.

 

Toufé Maecha

 


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