Dès ce lundi 13 juillet, la commune d'Oichili Yadju, au centre de Ngazidja, se dote d'un réseau de « taxis villes ». Portée par un collectif de chauffeurs locaux, cette initiative va faciliter les déplacements entre les villages de la région et met fin aux longues attentes et aux trajets à pied auxquels les habitants étaient souvent contraints.
Jusqu'à présent, circuler d'une localité à une autre au sein de la commune relevait souvent du parcours du combattant. Les taxis desservaient principalement Moroni, laissant peu de solutions aux habitants souhaitant effectuer de courts trajets à l'intérieur de la région. Face à cette réalité, les transporteurs d'Oichili Yadju ont décidé d'organiser eux-mêmes un service de proximité. Pour Idjabou Hissani, chef de parc des transporteurs d'Oichili Yadju et l'un des initiateurs du projet, cette décision répond avant tout à un besoin social. « Nous ne pouvions plus rester indifférents. Nos mères, nos femmes et nos proches parcouraient des kilomètres sous le soleil pour rejoindre le centre de santé de Koimbani ou attendaient pendant des heures au bord de la route en espérant trouver une voiture. Nous sommes d'abord des enfants de cette région avant d'être des chauffeurs. »
À compter d’aujourd’hui, le trajet entre les localités de la commune sera proposé à un tarif unique de 300 francs comoriens, un prix que les promoteurs du projet souhaitent accessible à tous afin de faciliter les échanges entre les villages. L'annonce a été accueillie avec enthousiasme par la population, notamment les commerçants, les élèves, les enseignants et les personnes âgées qui dépendent quotidiennement des transports pour leurs activités. Maman Hatub, habitante de la région, voit dans cette initiative un véritable soulagement. « C'est une bénédiction. Aller rendre visite à ma famille à Hasseindje était devenu très difficile. Je devais marcher de Koimbani jusqu'à Sima, puis continuer à pied jusqu'à Hasseindje faute de transport. Au retour, je rejoignais le rond-point de Chomoni en espérant qu'une voiture accepte de me prendre. À mon âge, ces déplacements deviennent très éprouvants. »
Pour assurer la pérennité du service, le collectif prévoit également d'intégrer les conducteurs privés souhaitant exercer cette activité, à condition qu'ils adhèrent à son organisation. « Les propriétaires de véhicules qui souhaitent transporter des passagers sont les bienvenus, mais ils devront rejoindre le collectif. Cela nous permettra de garantir une présence régulière des véhicules, d'assurer la sécurité des usagers et de maintenir une discipline commune. Si un chauffeur ne respecte pas les règles, le collectif pourra intervenir », explique Idjabou Hissani. Le projet, lancé par les chauffeurs de la ligne Koimbani-Moroni, suscite déjà l'intérêt de l'ensemble de la région d'Oichili. Koimbani concentre en effet plusieurs services essentiels, notamment la préfecture, la mairie, le centre de santé de district, les forces de sécurité ainsi que plusieurs établissements scolaires.
Pour les enseignants, cette nouvelle organisation devrait améliorer les conditions de déplacement des élèves. « C'est un réel soulagement. Les retards liés au manque de transport devraient diminuer et les élèves arriveront moins fatigués. Le fait que les chauffeurs s'organisent collectivement est également rassurant pour les parents, car cela renforce la sécurité et la qualité du service », témoigne une enseignante du lycée public de Koimbani. Au-delà du transport, cette initiative illustre la capacité des acteurs locaux à apporter des réponses concrètes aux besoins de leur communauté. Les habitants espèrent désormais que ce nouveau service s'inscrira durablement dans le quotidien de toute la région.
Hamdi Abdillahi Rahilie
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