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Transport aérien Ayad Bourhane : « Je suis prêt à reprendre mes activités 4 jours après les autorisations de l’Anacm »

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Transport aérien Ayad Bourhane : « Je suis prêt à reprendre mes activités 4 jours après les autorisations de l’Anacm » © : HZK-LGDC

Dans un entretien exclusif qu’il accordée aux journaux Al-watwan et La Gazette des Comores, le patron d’Ab Aviation clouée au sol depuis le 15 janvier dernier, se dit disposé à remettre en marche sa compagnie immédiatement après que l’aviation civile lui aura délivré les autorisations nécessaires.


Sur le volet sécuritaire, puisque c’est la pomme de discorde avec l’Anacm, Ayad Bourhane rassure que sa compagnie a un très bon historique technique. Ses avions, nous fera-t-il savoir, sont entretenus par un atelier de maintenance Sud-africain. Un des pays en Afrique les plus exigeants en termes de sécurité et de standard. 

 

« Nos pilotes sont issus aussi de ce pays, et nous travaillons dans des standards très élevés par rapport à ce qui se fait dans notre région. Nous avons régulièrement des inspections de nos avions en Tanzanie, à Madagascar, et à Mayotte. Et nous n’avons jamais eu des griefs sérieux qui permettraient de remettre en cause la qualité ou le sérieux de l’entretien de nos appareils, de leur exploitation ou même de l’exploitation de la compagnie qui exploite selon les règles définies par la réglementation comorienne, laquelle épouse les standards sud-africains au niveau de la sécurité », explique-t-il, précisant que Ab Aviation utilise le poids standard sud-africain, « qui est plus pénalisant que celui permis par la réglementation comorienne et l’Oaci. Tout ça, fait qu’effectivement nous renforçons la sécurité de nos activités, de nos passagers, de nos équipages ».

 

A la question de savoir ce qu’il en est du processus de ré-certification de sa compagnie auprès de l’Anacm, Ayad Bourhane répond que l’aviation civile lui a informé depuis avril que le processus était en phase 3 sur les cinq imposées par les règles. « On est très content qu’aujourd’hui l’Anacm confirme qu’on est en phase. Parce qu’à ce stade nous, AB Aviation, n’avons rien à faire. C’est à l’Anacm d’analyser et évaluer les manuels », dit-il, exigeant au passage un document provisoire « pour nous permettre de reprendre nos activités en attendant ».

 

En effet, selon les textes de l’Anacm, le processus de ré-certification ne doit pas dépasser 30 jours, contrairement à la certification, le processus initial qui demande 90 jours. Et Ab Aviation, rappelons-le, est dans la catégorie de « ré-certification» qui a déjà dépassé plusieurs mois. « Une fois qu’on nous aura donné les autorisations nécessaires, nous sommes prêts à reprendre nos activités dans seulement 4 jours », assure-t-il.

 

Sur la situation financière épinglée par l’Anacm, Ayad Bourhane atteste que « la situation financière d’AB Aviation est satisfaisante ». Même avis que la commission présidentielle qui a été chargée de ce dossier, le directeur de cabinet du chef de l’Etat et le conseiller privé en charge des affaires économiques dans nos précédentes éditions. Sur sa dette de 1 milliard 200 millions, le patron de la compagnie explique que « c’est conjoncturelle, et essentiellement parce qu’on nous empêché de travailler. Prenez la meilleur société au monde, fermez ses portes pour l’empêcher de vendre ses produits, elle sera de facto en difficulté. C’est ce qui se passe avec AB Aviation. On nous a mis en difficulté financière le jour où on nous a empêché d’exploiter notre B737, et surtout le fait qu’on nous ait refusé la possibilité, conformément au contrat de location, d’utiliser l’avion de remplacement prévu à cet effet. Donc à partir de là on a condamné la compagnie à mourir… », regrette-il.

 

Il dira que ce coup de massue contre son Boeing en septembre 2016 a couté à Ab Aviation 850 000 dollars, avant de poursuivre : « Donc oui à partir de l’arrêt du 737 on est tombé dans une crise financière aigue. C’est vrai. Mais en aucun moment notre modèle économique ne peut être remis en question ni par nous-mêmes, ni par nos partenaires, ni par les banques. Aujourd’hui on a un problème conjoncturel, pas structurel, parce que l’Anacm a, à plusieurs reprises, interféré d’une façon violente, sans préavis, dans l’exploitation de notre compagnie par des arrêts répétitifs de nos avions, et en janvier 2017 par l’arrêt total de notre compagnie ».

 

Le Boeing 737 de 120 places, cloué au sol en septembre 2016 par l’Anacm pour raisons « techniques », représentait à lui seul 70% des activités de la compagnie. « L’Anacm avait peut-être le droit de le faire. Peut-être. Mais en quoi l’Anacm pouvait nous interdire de ramener un avion de remplacement ? ». Après ce coup dur, l’aviation civile comorienne refusera un avion de remplacement. Rappelons également que l’aviation civile sud-africaine a inspecté de fond en comble le Boeing, à la demande de l’Anacm, et il s’est trouvé qu’il n’y avait aucun manquement au niveau de la maintenance. Selon Ayad, cet avion est aujourd’hui exploité en Tunisie, et va en Europe.

 

Revenant sur l’aspect financier, Ayad Bourhane déclare que sa compagnie qui a réalisé un chiffre d’affaires de 5 milliards de nos francs en 2016, n’a jamais contracté un crédit à part ces 20 millions qu’il paiera à l’Anacm à travers la vice-présidence en charge des transports, pour une sortie de crise. Sur 1 milliard 200 millions de créances, le patron d’Ab Aviation assure aussi que « plus de la moitié » est aux mains de son partenaire Sahara, qui lui loue les avions. « Le 17 juillet 2017, Sahara nous a renouvelé sa disponibilité d’accompagner AB Aviation. Il nous a volontairement accompagnés en nous donnant des avions pour continuer à voler et payer après. Parce que justement il croit à la solidité, à la robustesse de notre business model et il sait qu’en l’espace d’un an on pourrait lui rembourser ce qu’il nous a avancé ».

Il faut dire que des créances, tout le monde en a. Selon des donnés disponibles en ligne, la dette de Kenya Airway s’élève à 311 millions d’Euros au 31 mars 2017. En janvier 2017, Air Madagascar affichait une perte de 77 millions d’Euros. Ces compagnies sont-elles condamnées par leurs pays respectifs à ne pas voler parce qu’elles ont des dettes ? Le cas d’Air Madagascar qui était sur une liste noire il y a moins d’un an et aujourd’hui en plein essor, ne devrait-il pas servir d’exemple ?

 

Toufé Maecha

 


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