Les avocats d'Inter-îles ont déploré au cours d'un point de presse tenu mercredi des abus de pouvoir dont la compagnie serait victime. Ils accusent dans des termes on ne peu plus clairs l'autorité régulatrice de vouloir tuer toute initiative d'une compagnie aérienne nationale.
Me Said Larifou rejette d'un revers de la main les arguments avancés par les techniciens de l'Anacm, (Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie) justifiant la nouvelle route aérienne imposée aux pilotes du monomoteur de l'Inter îles Air. Pour cet avocat, il n'y a aucun danger sur le survol du Col de Diboini au départ de l'aéroport de Hahaya, rassurant au passage l'expérience des pilotes de cet avion de type Caravan Cessna 208.
« Dans cette compagnie on peut tout lui reprocher sauf la sécurité de ses passagers », a-t-il indiqué, ajoutant que l'Inter-îles n'a jamais figuré sur une liste rouge des compagnies aériennes à éviter. « Parce qu'elle a placé la sécurité de leurs passagers comme priorité », a-t-il renchéri.
Au tour des techniciens d'abattre les arguments de l'Anacm sur le survol du col de Diboini qui serait dangereux pour la sécurité du vol. A les en croire, après le décollage de Hahaya, leurs avions montent dans l'axe jusqu'à 1000 pieds avant de tourner pour faire ce qu'ils appellent dans le jargon aéronautique une « boucle » avant d'emprunter leur route vers Anjouan. « Cette boucle que nous terminons à plus de 3500 à 4000 pieds (environs 1200m au-dessus de la mer) consiste à prévenir une éventuelle perte de moteur au décollage pour pouvoir ré-atterrir en toute sécurité », a-t-on expliqué. Autre argument battu en brèche par la compagnie est la limitation de leurs caravanes à neuf sièges et l'interdiction des vols de nuit, Inter îles assure que leurs aéronefs ne sont pas concernés par ces « mesures ».
Dans ce point de presse, l'avocat de cette compagnie de droit comorien n'a de cesse de déplorer des agissements supposés du directeur de l'aviation civile comorienne qui a « une mission d’empêcher qu'il y ait une compagnie nationale ».
D'après-lui l'aviation civile comorienne n'a jamais défendu les compagnies nationales au contraire, dit-il, elle les enfonce. « Nous profitons de ce point de presse pour dire que ça ne peut pas continuer comme ça, dit-il, Inter îles a des grandes ambitions ce que l'Anacm ne voit pas d’un bon œil ». Même son de cloche pour Irchadidine Abdallah président du Modec (Mouvement des entreprises comoriennes) qui rappelle que cela fait neuf mois qu'il met en garde avec le cas d'AB Aviation.
« On ne permettra pas qu'un directeur d’un service public décide pour ses propres intérêts d’éliminer une société privée alors qu'on sait les enjeux qui sont derrière, notamment des investissements, endettements, le volet social et des emplois », a-t-il déploré. Et Me Larifou de ne pas exclure de porter l'affaire dans les tribunaux au cas où l'Anacm continue à clouer au sol les appareils de son client.
Maoulida Mbaé
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