Dans la presse écrite d’hier, un communiqué d’appel à candidature d’Air Corail. La compagnie aérienne compte ouvrir prochainement, cela va sans dire, et effectuer son premier vol au premier trimestre 2018. Mais ce retour d’Erick Lazarus et son équipe prend tout le monde de court. Les raisons : après avoir annoncé renoncer au projet, Erick Lazarus, un ancien d’Air Bourbon, et son équipe viennent de faire un revirement inattendu sur la création d’une compagnie aérienne dénommée Air Corail.
Courant juillet 2016, la presse mahoraise avait mis au grand jour un projet tenu confidentiel plusieurs mois auparavant, sur la création d’une compagnie nationale, en l’occurrence Air Corail, en lieu et place de l’ancienne compagnie Air Comores.
Dans un communiqué de presse en date du 1er août 2016, Aéroconsult, l’entité réunissant les collaborateurs de confiance d’Air Corail, a « décidé de renoncer à la création et au lancement de cette compagnie aérienne aux Comores » (voir notre numéro du 3 août 2017). Cette décision a été motivée essentiellement par le limogeage de François Le Bihan à la tête de Mayotte Air Service, l’équivalent de Com’Air Assistance à Moroni, à cause de son implication dans le fameux projet où il était présenté comme le directeur général adjoint.
Mayotte Air Service, partenaire stratégique et historique d’Air Austral et Ewa Air, voyait dans cette implication un conflit d’intérêt manifeste (voir notre numéro du 31 juillet).
Aujourd’hui, Air Corail qui est revenu sur sa décision de renoncer au projet pour des raisons qu’on ignore encore, a promu François Le Bihan au poste de directeur général ou, en tout cas « administrateur général » selon l’intitulé officiel tel qu’il apparait dans l’organigramme dont La Gazette des Comores s’est procurée copie. Pourtant, dans son communiqué du 1er août, Air Corail regrettait que Le Bihan ait été sanctionné par Mayotte Air Service « pour des choses ou des faits auxquels il est totalement étranger ». Un démenti en dépit de la présence, noir sur blanc, de son nom dans le projet.
François Le Bihan lui-même, dans un commentaire sur le site de La Gazette des Comores, avait nié son implication dans le projet. Il avait fait croire qu’il avait été effectivement contacté en tant qu’ancien d’Air Bourbon.
« Il m’a été proposé un poste que j’ai refusé en avril 2017. Au vu de l’ampleur que prend tout cela, je tenais à le préciser », avait-il réagi suite à notre article relatif à sa suspension de la direction de Mayotte Air Service. Le Bihan, détiendrait depuis peu une société de droit comorien, spécialisée dans la sureté aéroportuaire aux Comores. Il aurait bénéficié de la délivrance d’un agrément de l’aviation civile comorienne en catimini. Cette société de sureté exerce ses missions aux aéroports de Hahaya et Ouani. En juin dernier, la compagnie comorienne Int’Air Iles a été contrainte par l’Anacm d’utiliser les services de cette société pour tous ses vols à destination de Mayotte et Madagascar dans le cadre de la sureté additionnelle imposée à ladite compagnie (lire notre édition du 20 avril dernier).
Air Corail, société anonyme au capital de 615 millions Kmf, a déposé sa demande pour le fameux PEA (permis d’exploitation aérienne) depuis le 4 décembre dernier à l’aviation civile comorienne, laquelle doit étudier au peigne fin le dossier avant les cinq phases obligatoires pour délivrer le sésame et lui permettre de commencer les vols long et moyen courrier à partir du 1er mars. Erick Lazarus, également un ancien d’Air Bourbon, assure le marketing selon le nouvel organigramme, tandis que Batouli Ali Ahamada, la femme de l’ancien patron de l’Anacm assure deux directions : opération aérienne et technique.
Toufé Maecha
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