Le ministère de l’intérieur, le BCN Interpol Moroni et l’Union européenne renforcent les capacités des forces de sécurité comoriennes face au trafic illicite des armes de petit calibre. Une formation nationale réunit plus de 30 agents issus de plusieurs institutions afin de mieux identifier, tracer et enquêter sur les armes saisies et de renforcer la coopération contre la criminalité transnationale dans l’Océan Indien.
La lutte contre la circulation illicite des armes franchit une nouvelle étape aux Comores. Le ministère de l’intérieur, en partenariat avec le BCN Interpol Moroni et l’Union européenne, a lancé ce mardi 22 septembre une formation nationale consacrée à la lutte contre le trafic et la commercialisation illicite des armes de petit calibre. Plus de 30 participants prennent part à cet atelier. Ils sont issus notamment de la police nationale, de la gendarmerie, de la Garde-côtes, des douanes, de l’immigration, de l’ANAM, du CNAM et des forces armées. L’objectif est de renforcer les compétences des agents chargés de la prévention, du contrôle et des enquêtes liées à la circulation des armes. La formation porte notamment sur les mécanismes d’identification et de traçage développés par Interpol, ainsi que sur l’utilisation de sa base de données IARMS. L’enjeu est de dépasser la simple saisie d’une arme pour exploiter les informations recueillies, remonter les filières et identifier d’éventuels liens avec des réseaux criminels opérant au-delà des frontières.
Cette initiative s’inscrit dans le projet régional EU-NS, financé par l’Union européenne à hauteur de 4 millions d’euros jusqu’en 2027. Le programme vise notamment à lutter contre les menaces transnationales dans l’océan Indien et à renforcer la sécurité dans une zone stratégique, marquée par la proximité du canal du Mozambique. Lors de l’ouverture de l’atelier, le discours du ministre de l’Intérieur, Mohamed Ahmed Assoumani, a été lu par son directeur de cabinet, Abderemane Boina Mohamed, alias Mab Elhad. Au nom du ministre, ce dernier a rappelé que les Comores bénéficient d’une situation sécuritaire jugée favorable dans leur environnement régional, tout en soulignant la nécessité de préserver cette stabilité. « La veille sécuritaire n’est donc pas une option. Elle est une nécessité. Car la sécurité est le socle de tout développement », a-t-il déclaré.
Le ministère met également l’accent sur le renforcement du cadre juridique. Un projet de loi relatif au régime général des armes est actuellement à l’étude. Il doit contribuer à consolider la législation nationale et à l’harmoniser avec les engagements internationaux pris par l’Union des Comores. Pour les autorités, cette stratégie repose notamment sur deux leviers : la sensibilisation de la population à la culture de la sécurité et l’harmonisation de la législation. Le ministère souligne également le rôle de plusieurs partenaires, parmi lesquels l’OIPC-Interpol, l’UE, Expertise France, la Ligue arabe, l’UNODA et la RECSA. À travers cette formation, les autorités cherchent à renforcer la coordination entre les différents services nationaux et à améliorer leur capacité à prévenir, identifier et combattre la circulation illicite des armes aux Comores.
Ibnou M. Abdou
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