Après la Grande Comore et Anjouan, Mohéli franchit une étape impotente dans la structuration de son secteur touristique. Le schéma d'aménagement touristique de l'île, élaboré au terme de plusieurs mois de consultations de terrain, a été provisoirement validé en attendant quelques ajustements. Ce document devrait servir de feuille de route pour attirer des financements et concrétiser plusieurs projets d'infrastructures.
Le développement du tourisme à Mohéli pourrait bientôt entrer dans une nouvelle phase. Samedi 27 juin, les acteurs du secteur ont procédé à la validation technique du schéma d'aménagement touristique de l'île, un document élaboré depuis février 2026 grâce à un partenariat entre le Gouvernorat de Mohéli, l'UICN et l'association Tourisme Sans Frontières. Fruit d'un vaste diagnostic réalisé dans toutes les localités de l'île, ce document dresse un état des lieux des atouts et des contraintes du tourisme à Mohéli, tout en proposant des actions concrètes pour améliorer l'accueil des visiteurs et valoriser les sites naturels. Selon Toiwilou Madi Bamdou, directeur régional du tourisme, cette feuille de route commence déjà à produire des résultats.
« Nous avons identifié plusieurs partenaires financiers prêts à accompagner la mise en œuvre de certaines actions. L'aménagement de la piste menant au lac de Bunduni ainsi que des travaux sur le site lui-même seront financés par le Pacte vert. L’OIF a accepté de financer la construction d'un petit restaurant à Nioumachoua, tandis que d'autres envisagent l'installation de douches sur les îlots », a-t-il expliqué. Il souligne également que l'UICN, qui a financé l'élaboration du document, a manifesté sa volonté d'appuyer la réalisation d'actions concrètes et visibles sur le terrain. Pour Michel Claude, expert de Tourisme Sans Frontières, ce schéma constitue l'aboutissement d'un partenariat signé il y a deux ans avec le Gouvernorat de Mohéli. « Pendant plusieurs mois, nous avons parcouru toute l'île, rencontré les communautés locales et identifié leurs attentes. L'objectif est de donner des orientations pratiques afin de faire décoller un tourisme responsable et durable », a-t-il indiqué.
L'expert estime que Mohéli possède un potentiel exceptionnel, qu'il qualifie de « perle des Comores », mais que plusieurs défis restent à relever, notamment l'amélioration des transports, de la signalétique, du guidage touristique, des infrastructures hôtelières et de la promotion de la destination. Il insiste également sur la nécessité d'impliquer davantage les communautés locales afin qu'elles tirent un bénéfice direct du développement touristique, à travers les hébergements, la restauration, les services ou encore le guidage des visiteurs. « Aujourd'hui, la réflexion est terminée. Il faut désormais transformer cette réflexion en actions concrètes », conclut Michel Claude.
Riwad
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