« Nous avons perdu notre courageux leader, le président John Magufuli, qui est mort à 18 heures d’une maladie cardiaque ». C’est par ces mots que la vice-présidente Samia Suluhu Hassan, sur les antennes de la télévision nationale dans la soirée du mercredi 17 mars, a annoncé la triste nouvelle et un deuil national de quatorze jours. Il est décédé ce mercredi à l’âge de 61 ans.
Elle a en outre, précisé que le chef de l’État était décédé à l’hôpital Emilio Mzena, un établissement gouvernemental de Dar es-Salaam, où il était soigné. Il souffrait de problèmes cardiaques depuis dix ans, a-t-elle ajouté. Dans un communiqué, la présidence de l’Union des Comores a déclaré que « Cette lourde perte est aussi celle de l'Union des Comores, car outre les liens séculaires de coopération et de bon voisinage que les deux pays entretiennent ainsi que la langue Swahili qu'ils ont en partage, ils nourrissent également des liens de sang, forts et sincères, qui font leur fierté commune. » Le communiqué a affirmé par ailleurs que « Les Comoriens garderont de cette grande personnalité, l'image d'un Grand Ami et d'un Grand Frère toujours à l'écoute et soucieux de renforcer les relations qui unissent son pays à ses voisins ».
Il n’était plus réapparu en public depuis le 27 février. Son état suscitait une inquiétude croissante dans le pays, où sa gestion de la pandémie de coronavirus était critiquée. Pour rappel, de nombreux officiels tanzaniens sont également décédés ces dernières semaines, souvent sans que la cause de leur mort soit précisée. Parmi eux, le premier vice-président de l'archipel semi-autonome de Zanzibar, Seif Sharif Hamad, décédé mi-février, dont le parti a, lui, indiqué qu'il avait contracté le Covid-19.
Né en 1959, dans le nord-ouest de la Tanzanie, sur les bords du lac Victoria. Il est arrivé au pouvoir en 2015. John Magufuli avait été réélu en octobre dernier. Surnommé « Tingatinga » (le « bulldozer »). Il a étudié la chimie et les mathématiques, en partie en Grande-Bretagne, avant d'obtenir son doctorat à l'université de Dar es Salaam en 2009. « Je sais ce que c'est que d'être pauvre », a souvent souligné ce père de cinq enfants à l'allure de professeur.
Après une courte période d'enseignement à l'école secondaire de Sengerema et après avoir travaillé comme chimiste industriel, Magufuli est entré en politique au sein du parti au pouvoir Chama Cha Mapinduzi (CCM). Député dès 1995, puis ministre délégué aux Travaux publics, c'est durant cette période qu'il a gagné en popularité et avant d'être nommé ministre des Travaux et des Transports.
John Magufuli était populaire, grâce à son leadership affirmé, ses propos contre les Occidentaux, et un panafricanisme revendiqué. Il était admiré bien au-delà des frontières de la Tanzanie, notamment grâce à sa volonté affichée de lutter contre la corruption. Sous sa présidence, la Tanzanie s'est dotée de lois permettant d'accroître ses revenus tirés de l'exploitation minière, et a réclamé aux compagnies de ce secteur des millions de dollars d'impôts rétroactifs. Salué par ses partisans pour ses projets d’infrastructures ou encore pour la renégociation de contrats miniers.
Selon la Constitution tanzanienne, Mme Hassan va devenir la première présidente de l’histoire du pays et va consulter le parti au pouvoir, le CCM, afin de nommer un nouveau vice-président.
Mmagaza
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.

© : HZK-LGDC