La Gazette

des Comores

Sécurité routière à Mohéli : Quand ceux qui font respecter la loi doivent montrer l’exemple

Sécurité routière à Mohéli : Quand ceux qui font respecter la loi doivent montrer l’exemple © : HZK-LGDC

À Mohéli, le débat sur la sécurité routière ne concerne plus seulement les comportements des usagers. Casque, ceinture, transport d’enfants à moto ou immatriculation : des habitants s’interrogent sur le comportement de certains agents chargés de faire respecter le Code de la route. Pour eux, l’exemplarité doit commencer par ceux qui incarnent l’autorité.


À Mohéli, les contrôles routiers sont de plus en plus visibles. Pour de nombreux usagers, ils sont nécessaires pour réduire les risques d’accidents. Mais leur crédibilité est parfois mise à l’épreuve par des comportements attribués à certains représentants de l’autorité. Des habitants affirment avoir vu des policiers ou gendarmes circuler à moto sans casque, conduire sans ceinture ou transporter plusieurs enfants sur une même moto. D’autres évoquent des véhicules appartenant à des autorités ou utilisés par des responsables qui circuleraient sans immatriculation visible. « Ils ont raison de nous contrôler, puisque c’est pour notre sécurité. Quand on tombe d’une moto, ce n’est pas la police qui prend le choc à notre place. C’est nous », témoigne un conducteur.

Mais, selon lui, l’exigence doit être réciproque : « Nous acceptons les contrôles, mais ceux qui nous contrôlent doivent aussi respecter les règles. Sinon, les gens finissent par penser que la loi n’est pas la même pour tout le monde. » Youssouf Mouituondine partage cette position. Pour lui, aucune exception ne devrait être admise concernant le port du casque. « Si le port du casque est obligatoire pour les citoyens, cette obligation doit s’appliquer à tout le monde, y compris aux agents chargés de faire respecter le Code de la route », estime-t-il. Fahar Abdouloihab soulève également la question de l’égalité devant la règle. « Quand un citoyen est arrêté pour une infraction, il doit répondre de son acte. Mais si une personne qui représente l’autorité commet la même faute et passe sans être contrôlée, cela pose forcément des questions », explique-t-il.

Pour les habitants, l’enjeu dépasse donc la simple sanction. Il concerne surtout la crédibilité du message de prévention. Un agent roulant sans casque ou conduisant sans ceinture peut donner l’impression que ces équipements ne sont pas indispensables. Le transport de plusieurs enfants sur une même moto est également cité comme une pratique préoccupante. « Les enfants sont plus vulnérables. Ils ne maîtrisent pas toujours les risques de la circulation », souligne un parent. Ces témoignages ne visent évidemment pas l’ensemble des forces de l’ordre. Beaucoup d’agents respectent les règles et accomplissent leur mission dans des conditions difficiles. Mais quelques comportements visibles peuvent suffire à ternir l’image d’une institution.

À Mohéli, où la moto constitue un moyen de déplacement essentiel, les habitants souhaitent donc que les contrôles se poursuivent, mais aussi qu’ils soient accompagnés d’une véritable culture de l’exemplarité. Car sur la route, l’accident ne distingue ni uniforme, ni fonction, ni statut. La loi doit être la même pour tous. L’autorité ne se mesure pas seulement à la capacité de contrôler et de sanctionner, mais aussi à la capacité de montrer l’exemple.

Riwad


Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.