Du 21 au 25 septembre, le commandement de la Garde-Côtes accueille une formation d'introduction au renseignement maritime. Organisée par la Force en attente de l'Afrique de l'Est en collaboration avec l'Institut des Nations Unies pour la formation et la recherche, elle vise à doter les officiers des outils pour collecter, traiter et analyser l'information en mer.
La cérémonie d'ouverture s'est tenue ce lundi 21 septembre à Moroni, en présence du directeur du Cabinet du Président chargé de la Défense de l'Union des Comores, Youssoufa Mohamed Ali, invité d'honneur, du chef d'état-major interarmées de la Force en attente de l'Afrique de l'Est (EASF) et des formateurs de l'Institut des Nations unies pour la formation et la recherche (UNITAR). Elle marque le lancement officiel du tout premier cours conjoint UNITAR-EASF dédié au renseignement maritime. Consultant pour l'UNITAR et formateur principal de cette session, Christian Stafrace a présenté l'esprit de la formation. « Cette formation aidera chaque pays participant à améliorer ses connaissances en matière de collecte de renseignement maritime, de partage d'informations, et à identifier les lacunes éventuelles pour développer ses capacités et renforcer ses savoir-faire », a-t-il expliqué. Ancien militaire avec 25 ans de service a insisté sur le caractère introductif de ces cinq jours : « Pour le moment c'est une introduction. Il y a d'autres cours de deux à trois semaines prévus pour approfondir. L'objectif est aussi d'apporter un retour d'expérience opérationnelle et d'apprendre mutuellement. »
Dans son allocution, le représentant de la direction de l'EASF, le Brigadier-Général à la retraite Stephen Kahsure, a rappelé le contexte organisationnel. La Force en attente, mécanisme régional de réponse aux crises et aux conflits en Afrique de l'Est, compte désormais neuf États membres, après le retrait d'un État l'an dernier. Il a souligné que cette formation constitue une étape clé pour bâtir une capacité maritime intégrée. « L'idée est de préparer et de renforcer la capacité du personnel de sécurité maritime en fournissant une base complète des principes du renseignement maritime, du cycle du renseignement, de la collecte à la diffusion, et de la prise de décision guidée par le renseignement », a-t-il déclaré. Une compétence jugée essentielle pour soutenir la connaissance du domaine maritime, la planification opérationnelle et la réponse aux menaces.
Le discours a mis en lumière un changement stratégique nécessaire. Si l'EASF s'est longtemps concentrée sur des exercices à dominante terrestre, l'environnement maritime s'impose désormais. « Plus de 70% du commerce mondial transite par la mer », a rappelé l'orateur. Une perturbation des routes maritimes affecterait directement les économies de la région, y compris des pays enclavés comme l'Ouganda et l'Éthiopie, parmi les trois États sans accès à la mer sur les neuf membres. Les facilitateurs ont été invités à innover et à créer un environnement d'apprentissage immersif, tandis que les participants sont appelés à être interactifs, à questionner puis à challenger et partager les idées et leurs expériences respectives. Ceci dans le but de permettre aux agents participants de monter en compétences en matière de renseignement maritime. Après les allocutions, la cérémonie s'est clôturée par une photo de famille, avant le début des travaux qui se poursuivront jusqu'au 25 septembre.
Hamdi Abdillahi Rahilie
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