À partir du mardi 20 octobre, l'Institut national de recherche pour l'agriculture, la pêche et l'environnement (INRAPE) engage un vaste audit des opérateurs de quatre filières sensibles. L'objectif affiché étant de classifier les acteurs selon leur respect des normes et éclairer le public sur la qualité sanitaire de ce qu'il consomme.
Cette campagne de vérification cible dans un premier temps les importateurs de viande, avant de s'élargir aux boulangeries, aux établissements de restauration et aux unités qui conditionnent l'eau minérale. Une hiérarchisation des structures sera établie sur la base de critères d'hygiène. L'initiative s'inscrit ainsi dans une stratégie large de transparence voulue par les autorités pour assainir le marché et restaurer la confiance. Selon l'inspecteur général de l'Institut, cette démarche s'inscrit dans la continuité d'un travail entamé en 2024, qui avait débouché sur un bilan resté interne. Cette fois, les résultats donneront lieu à un document public attendu d'ici décembre. « Dès demain, nous entamons une phase de contrôle intégrée à un mécanisme de notation des opérateurs agroalimentaires d'après leur degré de conformité », a expliqué le responsable de l'Inrape. L'enjeu, insiste-t-il, est de permettre une meilleure lisibilité pour les acheteurs et les clients des restaurants.
L'institution veut ainsi opérer une distinction claire entre les établissements rigoureux dans l'application des règles sanitaires et ceux dont les pratiques laissent à désirer. Pour préparer le terrain, l'Inrape affirme avoir alerté, il y a deux mois, les commerçants et la population sur le durcissement prochain des inspections portant sur les denrées mises en vente sur le territoire. Au-delà de la simple évaluation, les autorités entendent sévir contre les modes de stockage jugés à risque. L'inspecteur sanitaire Ahmed Ali Ibouroi a mis en avant la nécessité d'une rigueur accrue pour la santé publique et le rayonnement du pays. « La protection des consommateurs et la sauvegarde de la réputation des Comores aux yeux des touristes et des visiteurs venus d'ailleurs imposent une intransigeance sur l'application des règles d'hygiène », a-t-il martelé. Il a annoncé une intensification des actions face aux méthodes de conservation de nature à mettre en péril la salubrité des aliments.
Sont particulièrement visés, les viandes exposées à l'air libre devant les boutiques sans dispositif de froid, mais aussi les boissons et les packs d'eau laissés en plein soleil. L'objectif est de mettre un terme à la vente de produits dont le stockage ne permet pas d'assurer l'innocuité alimentaire, précise l'institut. Pour y parvenir, il prévoit de s'appuyer sur le concours des forces de l'ordre et des instances judiciaires. Les contrevenants s'exposeront à des sanctions prévues par la réglementation en vigueur. À terme, cette opération doit consolider le contrôle des lieux de production et de vente d'aliments tout en améliorant la sécurité des consommateurs, souligne l'Inrape. La diffusion du classement en fin d'année offrira au public une vision plus nette des comportements des entreprises inspectées et incitera ces dernières à élever leur niveau d'exigence en matière de conformité.
Hamdi Abdillahi Rahilie
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