La Gazette

des Comores

Sécurité alimentaire : Le pays passe de la loi à l'action

Sécurité alimentaire :  Le pays passe de la loi à l'action © : HZK-LGDC

Promulguée le 14 septembre dernier, la loi sur la sécurité sanitaire des aliments entre en phase opérationnelle. Cette semaine, du lundi au vendredi à Moroni, les ministères de la santé et de l'environnement, avec l'OMS, l'UE, la Banque mondiale, l'UNICEF et la FAO, élabore le plan stratégique national.


Quinze jours après promulgation de la loi n°26-005/AU sur la sécurité sanitaire des aliments, les autorités passent à l'action. L'atelier de cinq jours, ouvert par le ministre Ahamadi Sidi Nahouda, doit transformer le texte en feuille de route. La loi encadre toute la chaîne, de la production à l'importation, impose l'agrément sanitaire, la traçabilité et le contrôle des additifs. Pour un pays où 80% des aliments sont importés, le verrou frontalier est vital. Sur ce coup, l'INRAPE en devient le chef d'orchestre. Il s'agit là de l’aboutissement d'un chantier amorcé en 2023 avec l'évaluation FAO/OMS pointant un vide juridique, puis consolidé depuis 2024 avec la FAO. La Représentante de l'OMS aux Comores, Dr Nkurunziza Triphonie, a rappelé l'urgence : « Dans la Région africaine, plus de 262 millions de personnes tombent malades chaque année après avoir consommé des aliments contaminés. Plus que des chiffres, ce sont des familles, des enfants et des communautés dont la santé et le bien-être sont affectés par des risques souvent évitables. C'est pourquoi l'Organisation mondiale de la Santé considère la sécurité sanitaire des aliments comme un pilier fondamental de la prévention des maladies et de la couverture sanitaire universelle. »

 

Selon lui cette promulgation récente de la loi « témoigne d'une volonté politique forte et constitue une avancée importante vers un cadre de gouvernance plus solide » tout en estimant que « les risques liés à la sécurité sanitaire des aliments sont complexes et nécessitent une action coordonnée ». L'OMS encourage ainsi une approche fondée sur le principe “Une seule santé“, qui reconnaît les liens étroits entre la santé humaine, la santé animale, la santé végétale et l'environnement. « Cette approche permet de mieux prévenir les menaces, de renforcer la surveillance et d'améliorer la réponse aux risques sanitaires. ». L'ouverture des travaux marque un pas décisif vers la création d'une stratégie nationale à la fois ambitieuse, réaliste et ancrée dans les réalités locales. Dr Nkurunziza s'est montrée confiante quant à la capacité des débats à faire émerger des lignes directrices claires et des priorités concrètes, indispensables pour consolider durablement la sécurité sanitaire des aliments.

 

Le ministre Ahamadi Sidi Nahouda a présidé l'ouverture de la session : « C'est avec un réel plaisir et un sens particulier des responsabilités que je prends la parole à l'occasion de l'ouverture officielle de cet atelier consacré à l'élaboration du Plan stratégique national de sécurité sanitaire des aliments de l'Union des Comores. » Il a conclu en déclarant « Je souhaite que cet atelier marque une étape importante dans la construction d'un système national de sécurité sanitaire des aliments plus cohérent, plus efficace et plus résilient. » L'enjeu est de doter le pays d'un plan budgétisé et multisectoriel ancré dans “une seule santé”, pour sécuriser l'assiette des citoyens.

 

Hamdi Abdillahi Rahilie

 

 

 


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