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des Comores

Souef Elbadawi, l'encre en mémoire des victimes du visa Balladur

Souef Elbadawi, l'encre en mémoire des victimes du visa Balladur © : HZK-LGDC

En conférence de presse le 15 juillet dernier, l'artiste et auteur Souef Elbadawi a expliqué son œuvre poétique "Obsession d'une lune, Idumbio IV, jouée et publiée en hommage aux morts du visa Balladur. C'est en effet un récit dont le fondateur de la troupe théâtrale "Mcezo", Elbadawi met en scène un personnage fictif qui s'interroge sur la mort d'un cousin lors d'une traversée Anjouan vers Mayotte.


Lors d'une conférence de presse le jeudi 15 juillet à Mitsudje, organisée par l'Union Générale pour l'Education de Mitsudje, l'artiste a exposé "Obsession de lune, Idumbio IV". L’auteur a écrit ce récit poétique en hommage aux morts du visa Balladur car il a jugé utile d'aborder socialement, à travers un personnage fictif, la question Mahoraise, plus précisément le lyrisme ressenti après la disparition de nos sœurs et frères en mer pendant les cruelles traversées d’Anjouan vers Mayotte. Pour l'auteur c'est une question qui touche profondément la société car il ne se passe pas un mois sans qu'une embarcation chavire au large d'Anjouan et Mayotte. Mais ces tragédies se répètent dans l'oubli collectif. « C'est un récit poétique que je publie à partir d'un spectacle en hommage aux morts du visa Balladur. Car les gens ont du mal à se souvenir, montre Souef Elbadawi. Depuis 1995, la France impose un visa qui oblige les gens à passer d'une rive à l'autre de l'archipel de façon "clandestine" entre guillemet car on ne peut pas être clandestin dans son propre pays. Ces morts que personne ne nomme, ces morts qui embarrassent tout le monde, ces morts qu'on essaie de débarrasser dans une tombe collective, j'essaie d'en parler en espérant qu'un jour ou l'autre on finira par se poser la bonne question ».

 Il est si crucial d'exposer souvent ce thème sous forme d'un message surtout aux jeunes convaincus d'une meilleur avenir une fois sur les côtes de Mayotte tout en expliquant que la meilleure vie « est de commencer déjà à se prendre en charge en conceptualisant surtout ce dont on il a envie de faire pour son avenir. Je crois que c'est important, non pas de réveiller les consciences car les gens sont au courant de ce qui se passe entre Anjouan et Mayotte, mais juste de rappeler que ce sont des musulmans, ce sont des comoriens et que ce ne sont pas du tout des poissons et qu'il n'est pas normal de manger un poisson qui mangent ces hommes là ». 

Cette réflexion entre en relation avec un autre livre de l'auteur intitulé « la rage entre les dents » publié en 2012-2013. Présent dans la conférence, Mohamed Badoro Badroudine, auteur de « Murmures d'une mer » a reconnu à la sortie de la rencontre, l'importance d'aborder la question du visa Balladur car les conséquences de ce phénomène en découlent pour toute la nation et ça devient ainsi un combat pour tout le monde. « Souef Elbadawi est un auteur en plus philosophe et il est vrai que c'est un peu difficile de décortiquer le message principal dans cette rencontre mais je pense que les jeunes qui ont pu partager avec lui ont très bien compris l'essentiel de son œuvre ». Moulaili Ibrahim, délégué de l'UGEM (union générale pour l'éducation de Mitsudje) a saisi l'occasion à son tour pour expliquer qu'il était question de montrer au monde entier que la situation de l'île sœur suscite des interrogations et interpelle les politiciens et intellectuels comoriens qui considèrent que le retour de Mayotte dans son giron naturel comme un combat de tous les jours.

Kamal Gamal

 


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