L’ordre des comptables de l’Union des Comores tire la sonnette d’alarme sur les règlements portant harmonisation des pratiques des professionnels de la comptabilité et de l’audit dans les pays membres de l’OHADA. Ils demandent à l’Etat comorien le vote d’une loi sur les comptables mais aussi la mise en place de la Commission Nationale des Comptables.
Le conseil de l’ordre des comptables tient à sensibiliser les comptables, les entreprises privées et publiques mais aussi l’Etat sur les instruments utilisés à l’OHADA (Organisation harmonisée en Afrique du droit des affaires). Ceci intervient suite au changement que subit l’organisation ces derniers temps. Il est attendu en ce début d’année que de nouveaux règlements entrent en vigueur dans les pays membres. Mais le conseil de l’ordre a montré la quasi inexistence de ces règlements dans le pays.
« L’OHADA, on en parle mais il n'y a rien de concret ici », déclare Hassan Youssouf, membre du conseil de l’ordre des comptables. Cet enseignant à l’Université des Comores appelle les autorités de l’Etat à se mettre au même niveau que les autres pays membres de l’OHADA qui bénéficient déjà des retombés de l’organisation. « Soit on applique les textes de l’OHADA et on fait les choses ou bien on quitte l’organisation », poursuit-il.
De son côté, le président du conseil de l’ordre des comptables demande au gouvernement de mettre en place dans les meilleurs délais la Commission Nationale des Comptables mais aussi le vote d’une loi sur les comptables. « Aujourd’hui, on doit avoir une loi qui nous dit qui peut être comptable et les critères qu’on doit remplir pour exercer », explique Chadhuli Abdou, le président de l’ordre des comptables des Comores.
Cette énième sortie des comptables intervient à 11 jours de la mise en application de nouveaux règlements portant harmonisation des pratiques des professionnels de la comptabilité et de l’audit dans les pays membres de l’OHADA voté en conseil des ministres où les Comores étaient présentes. « On ne peut pas accepter de partir en formation au Togo ou bien en Côte d’Ivoire alors que dans notre pays, il n’y a aucun instrument sur l’OHADA », dit-il. Et lui d’ajouter que « le gouvernement doit se réveiller et prendre les choses en main sinon on aura de lourdes conséquences ».
Sur les instruments à mettre en place, l’ordre des comptables pense que rien n’est perdu s’il y a une volonté des autorités de l’Etat. Ils ont évoqué la possibilité d’une session extraordinaire du parlement pour l’adoption des projets de loi.
« Des projets de loi se trouvent déjà aux mains des parlementaires. Le gouvernement peut écrire à l’OHADA et leur expliquer car chaque loi a une disposition transitoire, souligne Msahazi Hamidou, membre de l’ordre des comptables. Si on fait tout ça, c'est parce qu'on veut que notre pays ait les mêmes outils que les autres membres et puisse en bénéficier ». L’ordre des comptables appelle l’Etat à se réveiller au risque de tout perdre.
Mohamed Youssouf
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