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des Comores

Société : L'eau jaillit enfin à Nvouni et Mkazi

Société :  L'eau jaillit enfin à Nvouni et Mkazi © : HZK-LGDC

Mkazi, au-dessus de la baie de Nvouni Bambao, des quartiers ont longtemps rimé avec corvées, bidons jaunes et citernes renversées sur les pistes. Cette semaine, en compagnie de l'équipe du PNUD, nous avons marché le long des conduites, des forages et des châteaux d'eau qui transforment le quotidien de toute une région.


Le projet « Assurer un approvisionnement en eau résilient aux changements climatiques », financé par le Fonds Vert pour le Climat et mis en œuvre par le PNUD, intervient dans 15 zones vulnérables sur les trois îles. En Grande Comore, la Zone 1 couvre cinq communes et 23 localités, de Bambao-ya-Djou à Djoumoichongo. Une visite ministérielle de septembre 2024 évaluait déjà l'ampleur : 23 villages desservis pour 104 269 habitants, avec des complexes de pompage et des réservoirs pensés pour durer. Sur le site de Mkazi, la technique impressionne. Deux forages à gros débit produisent chacun 100 m³/h, soit une capacité cumulée de 200 m³/h. Le réseau, conçu en quatre paliers pour vaincre le relief, s'appuie sur des stations de refoulement et sur un premier réservoir de 1 000 m³ perché au-dessus de la mairie. C'est lui qui alimentera en priorité Mapvinguni, Mkazi et Ntsoudjini, avant que l'eau ne grimpe vers les hauteurs.

 

La qualité n'a pas été laissée au hasard. Moussa Hassani, responsable technique insulaire du projet, est formel : « Des essais de pompage et des analyses physico-chimiques et bactériologiques ont été effectués. Les résultats confirment que l'eau est conforme aux normes et standards de l'OMS. » Une garantie essentielle pour les villageois. L'impact se lit d'abord sur les visages. Le chef du village, Sihaka Mze, n'a pas caché son soulagement : « Pendant des années, nos femmes descendaient la pente avec des seaux, nos enfants se blessant parfois en partant chercher l'eau. Aujourd'hui ce danger n'est plus. L'eau qui coule désormais des robinets, c'est la protection de nos familles. »

 

Même émotion chez Maman Miriati, du quartier Bienvenue. Elle raconte tout sourire : « On partait à l'aube, on revenait épuisées. Maintenant, plus besoin de marcher des kilomètres. L'eau du robinet, c'est moins de temps et de fatigue. Que Dieu facilite ceux qui nous ont aidés, et qu'ils continuent à penser à notre bien au quotidien, car il reste encore beaucoup à faire. » Un témoignage qui fait écho à celui d'une autre habitante lors d'une visite à Nvouni : « Ce projet va véritablement changer nos conditions de vie ». Cela dit, reste l'attente. Les essais sont concluants, les 13 réservoirs sur 18 de la Zone 1 sont presque achevés, mais la remise officielle n'a pas encore eu lieu. L'inauguration est suspendue à une autorisation du ministère de l'énergie.

 

Le maire de Bambao-ya-Djou, Zainoudine Ahamada, veut anticiper : « Tout est opérationnel, mais il n'y a pas encore de branchements dans les foyers. Dès que la SONEDE prendra le relais, nous demanderons un bureau de comité régional pour les abonnés ici, avec des compteurs, pour que la gestion soit transparente. L'État doit comprendre que nous, élus locaux, sommes prêts à veiller pour que l'eau arrive vite et bien dans chaque maison. » L'ambition est nationale, et il s'agit de faire passer le taux d'accès à l'eau potable de 15 % à 60 % d'ici 2027. À Mkazi comme Nvouni Bambao, ce chiffre a déjà un goût. Celui d'un robinet qui coule, enfin, au cœur des quartiers.

 

Cette réalisation intervient alors que le PNUD célèbre ses 50 ans de partenariat avec les Comores. Au fil des décennies, l'organisation a accompagné le pays dans de nombreux domaines du développement, aux côtés du gouvernement et de ses partenaires. Le projet d'accès à l'eau potable, financé par le Fonds vert pour le climat, s'inscrit dans cette continuité en apportant une réponse concrète aux besoins des populations face aux défis du changement climatique.

 

Hamdi Abdillahi Rahilie

 

 


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