La Gazette

des Comores

Ibrahim Omar : « La garde d'enfants n'est pas une faveur, c'est une profession »

Ibrahim Omar : « La garde d'enfants n'est pas une faveur, c'est une profession » © : HZK-LGDC

Lors du séminaire du programme Lumin'îles consacré à la garde d'enfants, organisé du 6 au 8 octobre 2026 à Antananarivo, le secrétaire général de la CTTC, Ibrahim Omar, a plaidé pour la reconnaissance d'un métier essentiel mais resté invisible aux Comores.


Au cours du séminaire du programme Lumin'îles dédié à la garde d'enfants, Ibrahim Omar, secrétaire général de la Confédération des Travailleuses et Travailleurs des Comores (CTTC), a pris la parole pour défendre une cause souvent reléguée dans l'ombre au pays : la reconnaissance du travail de garde. Pour lui, il ne s'agit pas seulement d'une question sociale, mais d'un véritable enjeu de dignité et de justice. « Le travail de garde est un travail essentiel. Il doit être reconnu, formalisé et protégé », a affirmé Ibrahim Omar. Dans son intervention, il a mis en lumière une réalité quotidienne aux Comores, où des milliers de femmes, pour la plupart, assurent la garde d'enfants sans statut ni protection. « Ces femmes portent une responsabilité immense. Elles permettent aux familles de fonctionner, aux parents de travailler, et pourtant leur contribution reste invisible », a-t-il insisté.

 

Le secrétaire général de la CTTC a articulé son plaidoyer autour de trois axes. Reconnaître, en donnant une valeur sociale et économique à ce travail. Formaliser, en créant un cadre légal et institutionnel qui en fixe les droits et les obligations. Et enfin protéger, en garantissant aux travailleuses de garde une sécurité sociale, un revenu décent et des conditions de travail dignes. « Nous ne pouvons plus accepter que ce travail soit considéré comme une extension naturelle de la solidarité familiale », a-t-il poursuivi. Si la solidarité reste une valeur forte de la société comorienne, elle ne doit pas, selon lui, servir de prétexte à l'invisibilisation d'un métier. « La garde d'enfants n'est pas une faveur, c'est une profession. Elle mérite reconnaissance et respect. »

 

Le projet Lumin'îles, porté par la CTTC avec le soutien de l'Agence française de développement (AFD) et d'Expertise France, vise à sensibiliser, former et accompagner les travailleuses de garde pour les aider à sortir de l'informalité. « Ce projet est une lueur d'espoir. Il montre que nous pouvons bâtir des politiques publiques qui valorisent ce travail et donnent aux femmes les moyens de s'émanciper », a déclaré Ibrahim Omar. « Reconnaître le travail de garde, c'est aussi reconnaître le rôle des femmes dans la société comorienne. C'est un pas vers l'égalité et vers plus de justice sociale », a-t-il ajouté, appelant les autorités nationales à s'engager davantage en intégrant cette question dans les politiques de l'emploi et de la protection sociale. « Aux Comores, il est temps de donner à ces femmes la place qu'elles méritent », a-t-il conclu.

 

Aticki Ahmed Ismael

 

 


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