Commande de bitume, unité d'emplissage de gaz, distributeur agrée des lubrifiants, autant des projets porteurs de richesse et source d’emploi. C'est ce qu'a révélé Mohamed Chature, directeur général de la société comorienne des hydrocarbures lors d'un entretien qu'il a accordé, samedi dernier, à la presse.
Sept mois après sa nomination, Mohamed Chature, directeur de la société comorienne des hydrocarbures (SCH) a accordé à la presse nationale un long entretien durant lequel il a exposé les perspectives à court et moyen termes de cette société d’État détenant le monopole de l’importation et de la commercialisation des produits pétroliers.
« Sept mois après ma nomination à la tête de la Sch, je me suis plongé sur plusieurs dossiers en me basant sur la loi n°80-27 qui accorde à la société, le monopole de tout produit pétrolier et ses dérivés », a-t-il fait savoir. « Comme vous le savez, la société s'est longtemps focalisée sur l’importation d'un seul produit à savoir le pétrole (essence, gasoil et pétrole lampant). Il est donc temps de diversifier nos activités, ce qui va par conséquent créer des emplois et en même temps des sources de revenus », a-t-il ajouté.
Dans les projets de la nouvelle direction, la commande de bitume dont la société serait entrée en contact avec le ministère concerné pour se renseigner sur les caractéristiques lui permettant de souscrire à des appels d'offres dans le domaine. La première cargaison de plus de 90 conteneurs, sera sur place à partir de la mi-mars, à en croire le directeur de la Sch. Plus d'une centaine de tonnes de bitume est incessamment attendue d'après lui, en rassurant qu'il n'y aura pas de problème sur le plan du stockage.
M. Chature annonce un autre dossier, qui serait à un stade très avancé, et dont « on pourrait parapher le contrat dans les semaines qui viennent », celui de la production de gaz sur place, avec une unité d'emplissage. D'après-lui l'emplacement de l'unité de remplissage a été d'ors et déjà identifié ainsi que les six gars qui vont être dans des conteneurs. Deux sociétés dont une française et une indienne concourent pour remporter ce marché.
Et le troisième projet en bonne voie à en croire le directeur de la Sch, est un partenariat avec Shell pour que la Sch deviennent le distributeur agrée pour les lubrifiants. « Nous voulons garantir de l'huile de qualité, raison pour laquelle, on a fait le choix de Shell qui a longtemps travaillé avec la Sch », a-t-il justifié.
Dans cet entretien de trois quarts d’heure, le nouveau directeur de l'une des sociétés d'État les plus convoitées, s'est livré aussi à un bilan succinct des réformes et des travaux internes qu’il a engagés, notamment des travaux de réfection et de révision des infrastructures existantes.
« On a frôlé la catastrophe à Anjouan. J'avais mis la vie de nos plongeurs en danger et on a évité de justesse une pollution », a-t-il indiqué, se référant à un incident survenu lors d'une opération de pompage au large du port de Mutsamudu.
La nouvelle centrale électrique et la forte augmentation de la consommation en gasoil ont convaincu la nouvelle direction de la nécessité d’augmenter la capacité de stockage aussi bien à Anjouan, à Mohéli qu’à Ngazidja. « La réhabilitation des dépôts et l'augmentation des capacités de stockage nous permettront d'avoir un peu de respiration », a-t-il soutenu. Mais ces activités ont certainement un coût et c'est la société Suisse Vitol, spécialisée dans le trading de produits pétroliers qui était le « moins disant » qui sera enfin choisie comme partenaire. M. Chature a tenté de justifier la présence de cette société suisse qui ne sera pas d'après-lui étrangère dans le pays pour avoir déjà travaillé dans les années 2014 à 2016.
Maoulida Mbaé
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