Le Syndicat National des Enseignants de l’Université des Comores (Sneuc) avait tiré à boulets rouges sur les autorités vis-à-vis de la situation « alarmante » qui prévaut à l’université des Comores depuis la réduction des frais d’inscription. La Gazette des Comores a tenu à se rapproche du trésor pour savoir ce qu’il en est du coté de l’Etat accusé de négliger certains aspects qui pénalisent le fonctionnement de l’Udc.
Le Sneuc accuse l’Etat de n’avoir pas honoré ses engagements sur le versement de la subvention financière en compensation du manque à gagner causé par la réduction par le président de la République des frais d’inscription. Parmi les griefs du syndicat faits au gouvernement : mauvais fonctionnement de l’Udc, arriérés de salaires… etc. (lire notre édition du lundi 31 juillet). Interrogé sur ces accusations, le trésorier payeur général (TPG) nous livre des « clarifications ».
« Il faut savoir d’emblée que depuis leur entrée en fonction, le président Azali et son gouvernement ont certes pris la décision de réduire de 50% les frais de scolarité à l’Université, sachant qu’ils avaient déjà anticipé depuis juillet 2016 cette baisse en faisant passer la subvention mensuelle de 63 millions à 73 millions », soit une augmentation de 16,66%, explique à La Gazette des Comores Moindjie Saadi.
Le TPG poursuivra que sous le même ordre, « le gouvernement prend en charge le règlement auprès de la caisse de retraite des cotisations des personnels de l’UDC, non versées par cette dernière et qui s’élevaient à 347 163 356 KMF dans le cadre d’un plan de règlement qui court jusqu’au mois d’avril 2018 ».
En effet, d’après ce plan de règlement dont La Gazette s’est procuré une copie, rien que pour l’année 2017 et en tenant compte d’un non-perçu de 2016 qui s’élève à 60 millions 866 683, les prévisions de 2017 sont dépassées à plus de 50 millions en ce mois d’aout. « On convient et d’aucun ne saurait le nier que l’Udc a des difficultés. Mais de là à laisser croire que l’Etat n’aurait rien fait, relève de la mauvaise foi. Il faudrait plutôt unir toutes les bonnes volontés pour redresser une situation délicate résultant d’une gouvernance hasardeuse et à laquelle l’on doit tous contribuer », déclare M. Moindjie.
Avec son budget de 1 milliard 600 millions, dont 780 millions Kmf de recettes propres et 903 millions 172 683 Kmf de subventions prévues par la loi des finances 2017, l’université des Comores peine à fonctionner selon en tout cas le syndicat. Les documents comptables en notre possession indiquent en revanche que la subvention des huit premiers mois de 2017 est bien versée.
Doté d’un budget modeste soit-il, l’université ne devrait-elle pas revoir sa gestion interne ? Limiter par exemple les voyages extérieurs et les recrutements non essentiels ? Ainsi, pour ne citer que ces cas de figure, la somme destinée à la caisse de retraite n’aura pas été affectée à d’autres dépenses.
Toufé Maecha
Les contenus publiés dans ce site sont la propriété exclusive de LGDC/HZK Presse, merci de ne pas copier et publier nos contenus sans une autorisation préalable.