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des Comores

Secteur agricole : Un mécanisme de coordination voit le jour

Secteur agricole :  Un mécanisme de coordination voit le jour © : HZK-LGDC

Le gouvernement comorien veut donner un nouveau souffle au secteur agricole. Jeudi 7 mai, le ministère de l’agriculture a officiellement lancé, dans les locaux du PNUD le premier mécanisme de coordination des partenaires techniques et financiers (PTF) du secteur agricole.


Cette initiative vise à renforcer la modernisation de l’agriculture comorienne et à mieux coordonner les interventions des différents partenaires engagés dans le développement rural du pays. Plusieurs institutions internationales prennent part à cette dynamique, notamment la Banque mondiale, l’AFD, la FAO, le FIDA, le BIT ainsi que le PNUD. Considéré comme un pilier essentiel de l’économie nationale, le secteur agricole joue un rôle central dans la sécurité alimentaire, la création d’emplois en milieu rural et la résilience des populations face aux effets du changement climatique. Depuis plusieurs années, les partenaires accompagnent les Comores dans différents domaines : développement des filières agricoles, irrigation, résilience climatique, infrastructures de marché, transformation agroalimentaire, entrepreneuriat rural, digitalisation ou encore renforcement des capacités institutionnelles.

 

Face à la multiplication des projets et des interventions, les autorités souhaitent désormais instaurer un cadre de coordination plus structuré afin d’assurer une meilleure complémentarité des actions, éviter les doublons et améliorer le suivi des résultats. Ce mécanisme sera placé sous le leadership du ministère de l’Agriculture, avec le PNUD comme chef de file sectoriel désigné par le gouvernement comorien. Le dispositif s’articule autour de trois niveaux. D’abord, un cadre stratégique sectoriel qui se réunira deux fois par an pour définir les priorités et valider les grandes orientations. Ensuite, un groupe technique des PTF, prévu chaque trimestre, permettra de partager les informations et d’harmoniser les approches. Enfin, des groupes de travail thématiques seront mis en place selon les besoins, notamment sur les filières agricoles, la résilience climatique, la logistique, la digitalisation ou encore l’inclusion sociale.

 

Lors de son intervention, le ministre de l’Agriculture a rappelé l’importance stratégique du secteur pour le développement du pays. Il a souligné que ce mécanisme couvre l’ensemble des enjeux agricoles : production, élevage, transformation, stockage, commercialisation, irrigation, gestion des risques, innovation, digitalisation ainsi que l’inclusion des femmes, des jeunes et des personnes vivant avec un handicap. Le ministre a également indiqué que le portefeuille global des projets agricoles représente près de 39 milliards de francs comoriens sur la période 2025-2029. Pour la seule année 2025, les engagements financiers sont estimés entre 23 et 24 milliards de francs comoriens. Selon lui, cette nouvelle dynamique repose sur plusieurs principes clés : l’appropriation nationale, l’alignement avec le Plan Comores Émergent (PCE) 2030 et le Programme national d’investissement agricole (PNIA), mais aussi la transparence, la territorialisation des actions et la gestion axée sur les résultats.

Du côté des partenaires, l’objectif affiché est clair : maximiser l’impact des financements publics, privés et climatiques au service de la sécurité alimentaire et du développement rural.

Le Représentant résident du PNUD Luca Monge Roffarello, a insisté sur la nécessité d’une coordination « plus stratégique » entre les différents acteurs. Il a rappelé que le leadership de ce mécanisme revient avant tout au gouvernement comorien, à travers le ministère de l’Agriculture et la DNSAE.

 

Le PNUD, a-t-il expliqué, jouera un rôle d’appui technique afin de faciliter la coordination, consolider les données et renforcer le suivi-évaluation. « Sans données fiables, sans cartographie actualisée, sans tableau de bord sectoriel ni indicateurs partagés, la coordination risque de rester formelle », a-t-il averti. Le PNUD accompagne déjà la DNSAE dans la mise en œuvre d’un projet d’environ 10 millions de dollars destinés à renforcer la résilience des systèmes agricoles et des chaînes de valeur intelligentes face au climat.

 

Pour Luca Monge Roffarello, l’agriculture comorienne dispose d’un potentiel important, aussi bien dans les cultures vivrières et de rente que dans l’élevage, la transformation agroalimentaire et l’entrepreneuriat rural. Cette première réunion marque ainsi le début d’une nouvelle étape pour le secteur agricole comorien, avec l’ambition d’établir un partenariat « mieux aligné, mieux coordonné, mieux suivi et davantage orienté vers les besoins de la population »

 

El-Aniou Fatima


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