Les grèves des enseignants sont devenues un phénomène récurent, presque un rituel aux Comores. Ce qui handicape l’enseignement public. La principale cause de ces grèves à répétitions reste le non paiement des arriérés de salaire des enseignants.
L’année académique 2018-2019 a eu aussi son lot de manifestations. N’ayant pas perçu leur reliquat de 2017, les enseignants ont refusé de remplir les bulletins de note. C’est ce qui a conduit à une rencontre le 5 Septembre denier au lycée de Moroni entre les chefs d’établissements et Mahmoud Salim, qui venait d’être nommé ministre de l’éduction. Une situation qui inquiète les élèves et leurs parents, craignant une année blanche. D’ailleurs, c’est ce que laissait présager la situation. Tentant de dénouer la crise, le ministre a fixé le calendrier de la rentrée scolaire (17 septembre pour les enseignants et le 24 pour les élèves). Les enseignants acceptent de remplir le bulletin et de procéder à la rentrée seulement s’ils sont payés. Ayant enchainé les rencontres et négociations, le ministre de l’éducation a finalement trouvé une issue heureuse et la rentrée a eu lieu.
Crise à l’Université des Comores
Comme si la grève des enseignants du secondaire ne suffisait pas, ceux de l’université s’y mettent aussi. Le SNEUC se plaignait du non respect de l’autonomie de l’université et exige la révision des textes régissant l’institution. Première réforme prévue, l’élection d’un président. Une commission a été mise en place pour veiller au bon déroulement du processus. Le premier tour a eu lieu mais le deuxième sera suspendu par un décret présidentiel indiquant en son article 2 que « le processus pour l’élection du président de l’Université des Comores est annulé ». Retour à la case départ avec la mise en place d’un comité intérimaire qui s’occupe des affaires courantes en attendant l’élection d’un président de l’institution. Et ce dernier a tenu à fêter les 15 ans de l’Université des Comores où il y a eu la présence des hautes autorités de l’Etat dont le président de la République. C’est ce jour là que le président Azali Assoumani a fait son malaise vagal.
Le secteur de l’éducation n’a cessé de vivre de multiples périodes de crises et de nouveaux rebondissements. Quand il y en a plus, il y en a encore. La nomination par arrêté ministériel d’un directeur régional de l’office des examens et concours (OEC) a suscité le mécontentement du gouvernorat de Ngazidja qui a tout de suite convié la presse pour dénoncer une telle décision. Depuis il y’a un bras de fer entre les deux parties. Ce sont les candidats aux examens nationaux qui risquent d’en être victimes. Entre l’OEC et l’ONEC, où faut-il déposer les dossiers ? Le ministre de l’éducation dans une rencontre avec la presse a été clair : l’examen est une affaire nationale. Donc le Directeur régional qu’il vient de nommer est légitime. Ce dernier montre que l’ONEC sera le siège où les dossiers doivent être déposés pour les vérifications en vue de les valider.
La question des visas pour le Maroc
Cerise sur le gâteau ! Les étudiants voulant se rendre au Maroc déclenchent à leur tour des manifestations. Ils réclament le remboursement des frais de visa. Dépêché à Dar Salam, le directeur de l’enseignement supérieur et de la recherche a réussi à obtenir 50 visas. Le reste des étudiants continuent de manifester allant jusqu’à se rendre au devant du palais présidentiel de Beit Salam. « Le processus de vérification des dossiers est très long », indique le directeur de l’enseignement qui a tenu à préciser que plus d’une vingtaine de dossiers qui leur sont soumis sont falsifiés. « Ce ne sont pas des étudiants. Sûrement des candidats à l’émigration ». D’ailleurs, parmi les 50 étudiants ayant obtenu le visa, 27 ne se sont pas présentés dans les établissements où ils sont inscrits. « Nous sommes en attente de réponses pour les autres, mais le comportement des étudiants qui ont manifesté devant la présidence est inadmissible ».
Rassemblés par Binti Mhadjou
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