Après les interventions de la SONEDE sur les réseaux d’eau, plusieurs portions de route, pourtant récentes, restent dégradées à Mohéli. Les Travaux publics invoquent l’absence de bitume pour expliquer les difficultés à refermer les chaussées, tandis que des usagers s’interrogent sur les frais qu’ils auraient payés pour certaines interventions.
À Mohéli, la remise en état des routes après les travaux de la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (SONEDE) fait débat. Depuis décembre 2025, toute intervention nécessitant la destruction d’une chaussée doit, en principe, être préalablement autorisée par les travaux publics. Une équipe est chargée d’inspecter le site avant le début des travaux. Selon le directeur régional des Travaux publics, Boinali Elkabir, cette procédure vise notamment à mieux encadrer les interventions et à limiter les dégradations de la voirie. « Notre devoir est de fermer les endroits où ils ont intervenu », explique-t-il. Mais le responsable reconnaît que ses services ne disposent pas du bitume nécessaire pour effectuer systématiquement ces réparations.
« Nous n’avons pas de bitume à Mohéli pour intervenir sur ces endroits », affirme-t-il. Faute de moyens, les services des Travaux publics seraient parfois contraints de solliciter l’appui d’une société chinoise présente sur l’île. Une demande aurait également été adressée au ministère chargé des Infrastructures, sans réponse à ce jour, selon le directeur régional. Boinali Elkabir rappelle qu’avant la mise en place de cette procédure, la SONEDE intervenait parfois sans autorisation préalable. Depuis décembre 2025, les responsables régionaux de la société auraient été invités à respecter cette nouvelle démarche. Mais sur le terrain, des interrogations persistent.
Un usager, qui a requis l’anonymat, affirme avoir payé des frais liés à une intervention sur le réseau d’eau de son secteur. Il estime que la remise en état de la chaussée devrait être prise en compte. « Nous avons payé pour une intervention. Une fois que la SONEDE termine, les services des Travaux publics doivent fermer cet endroit. Mais jusqu’à présent, ils n’ont rien fait. Nous nous demandons donc où vont les frais que nous payons », témoigne-t-il. Une question reste ainsi posée : ces frais couvrent-ils uniquement l’intervention sur le réseau d’eau ou incluent-ils également la remise en état de la route ? À qui sont-ils versés et quelles prestations couvrent-ils exactement ?
Au-delà des tranchées laissées sur certaines chaussées, cette situation met également en lumière les difficultés des Travaux publics à Mohéli à assurer l’entretien régulier de ces nouvelles infrastructures, réalisées à grands frais pour l’État. Elle soulève aussi la question de la répartition des responsabilités, du financement des réparations et, le cas échéant, de la destination des frais éventuellement supportés par les usagers.
Riwad
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