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Routes Moroni-Foumbouni et Sima-Moya : Les causes du retard

Routes Moroni-Foumbouni et Sima-Moya : Les causes du retard © : HZK-LGDC

Deux problèmes : l’un technique, et l’autre financier ont donné du plomb dans l’aile aux travaux des routes Moroni-Foumbouni et Sima-Moya. Démarrés depuis octobre 2018, les travaux étaient prévus pour durer 19 mois, soit jusqu’à mai 2020. Mais 14 mois après, c’est l’éternel retour à la case départ. Explications.


Le retard qu’accusent les travaux de réfection de la route allant de Moroni jusqu’à Foumbouni à Ngazidja, mais aussi de Sima à Moya à Anjouan fait jaser les usagers. Dans les taxis comme dans les bus, chacun y va de son commentaire. L’on va jusqu’à évoquer un blocage de fonds par les bailleurs. Que nenni ! ça n’en est pas un. D’autres, plus subtils mais pas forcément connaisseurs, parlent d’une révision du contrat initial sur la structure de la chaussée à cause des crues auxquelles la zone est régulièrement confrontée.

 

C’est cette dernière hypothèse qui tient à peine la route (ah oui, l’on parle de route), car, en réalité, une révision du contrat est intervenue alors que les travaux allaient entrer dans leur phase sérieuse. Et c’est la direction des routes qui nous le confirme. En effet, dans le contrat initial, il était prévu de construite les deux route Moroni-Mitsamiouli et Sima-Moya avec du concassé comme structure de base de la chaussée (pour les profanes, la structure de base c’est ce qui précède la bitume).

 

Seulement, Eiffage, l’entreprise chargée des travaux, aura émis un avis négatif alors que le contrat était bouclé. Comme l’on dit, il n’est jamais trop tard pour mieux faire. Le gouvernement et Sira - le bureau chargé de la mission de contrôle par la Banque Africaine de Développement-, en ont pris acte. Dès lors que les trois parties étaient unanimes, une révision du contrat s’imposa et, par conséquent, le délai de dix-neuf mois s’effrite par le temps que nécessitait la fameuse révision.

 

« Nous avons opté pour une structure de chaussée à la pouzzolane améliorée au ciment pour Ngazidja, tandis qu’à Anjouan nous avons choisi la litho stabilisation. Ces structures sont très solides et résistantes contrairement à ce que nous avions prévu au tout début », nous fait savoir le directeur des routes Mohamed Soilih selon qui, « c’est la première fois » dans l’histoire du pays qu’une route va être construite avec de la pouzzolane améliorée au ciment.

 

Autre motif du retard, le financement. Le gouvernement avait, au début, contracté des financements aussi bien avec la BAD que l’Union Européenne. « Pour des raisons techniques » l’UE s’est désistée à mi-chemin alors qu’elle s’était engagée à financer ces routes à hauteur de 30% sur la tranche ferme, tandis que les 70% revenaient à la BAD. Le gouvernement se trouvait dans l’impératif de mettre les bouchées doubles pour combler ce vide. Ce qui, bien évidemment, a fait ralentir les travaux.

 

Rappelons que le financement initial s’élevait à hauteur de 10 milliards de nos francs. Mais la révision sur le renforcement de la structure de la chaussée engendrera à coup sûr des couts supplémentaires. Le bailleur est bel et bien notifié et les travaux « devraient » démarrer au mois de janvier prochain. Quant au délai d’exécution, c’est l’entreprise Eiffage qui devra soumettre une nouvelle proposition aux autorités compétentes car il est pratiquement impossible de pouvoir respecter le contrat initial lequel ne leur laisse que cinq petits mois pour une route de 49 kilomètres de long sur 6 mètres de large rien qu’à Ngazidja.

 

TM

 

 

 


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