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RN4 – Oichili : Saifi Ahmed : « On mettait 2 heures, aujourd'hui on fait 35 minutes »

RN4 – Oichili : Saifi Ahmed : « On mettait 2 heures, aujourd'hui on fait 35 minutes » © : HZK-LGDC

Une chaussée impeccablement enrobée et lisse a remplacé la piste cahoteuse. De Bahani Itsandra à Koimbani Oichili, la RN4 n'est plus la route de galère que redoutaient les chauffeurs. À la gare de Moroni-Oichili, tout près du Croissant-Rouge, Saifi Ahmed, taximan, raconte un quotidien transformé : des trajets trois fois plus rapides, des voitures qui souffrent moins, et un mot d'ordre partagé avec les passagers, à savoir la prudence.


Il est 8 heures, les Opel Zafira s'alignent. Saifi Ahmed, Chauffeur de Oichili yadju, ajuste son rétro. Il se souvient de la piste défoncée, des ornières après chaque pluie, des clients secoués pendant presque deux heures. « Ce n'est plus la même route », dit-il. Les travaux de la RN4 ont bien avancé. Le tronçon de Bahani Itsandra jusqu'à Koimbani est désormais bien goudronné. « C'est une route neuve. La galère, c'est fini. On n'est pas encore au bout, mais sur notre zone, ça roule vraiment », constate-t-il. Le chrono parle pour lui. Avant, un aller simple vers Oichili ya Djou prenait près de deux heures. Aujourd'hui, il boucle le même trajet en 35 minutes. « Le travail se passe super bien, vu les circonstances de la vie de tous les jours. La voiture ne casse plus, on fait plus de rotations, les clients arrivent à l'heure », résume le chauffeur.

 

La nouveauté crée aussi une vigilance. Sur un bitume que personne ne maîtrise encore, le risque, c'est l'excès de confiance. « Les passagers eux-mêmes nous rappellent à la prudence. Ils nous disent : “'c'est une route neuve, vous ne la connaissez pas encore, il faut éviter les accidents". Et nous, on entend, on fait attention », confie Saifi Ahmed. Pour rappel, en avril dernier, la gendarmerie de Ngazidja a réuni en urgence à Oichili les maires, le député de la circonscription, les chefs de village et les représentants du syndicat des transporteurs pour poser les bases d'une riposte contre l'imprudence au volant. « Entre chauffeurs d'Oichili ya Djou, on s'est parlé et on s'est mis d'accord. On va rouler prudemment pour éviter les problèmes dans notre travail. Parce qu'au fond, ce ne sont pas que des bagages qu'on transporte, ce sont surtout des vies. Et on en est pleinement responsables », martèle-t-il.

 

Interrogé sur la rumeur des taximen venus d'ailleurs qui profiteraient de la nouvelle route pour piquer des tours aux chauffeurs de la région, Saifi balaie : « Sur le terrain, on n'observe rien de tel. Nous, on est juste contents de pouvoir enfin rouler correctement sur une route propre. » Reste la question du prix. L'aller-retour Moroni–Oichili est facturé 1 400 francs. Pour lui, le tarif est juste. « Il faut bien nos dix litres d'essence pour travailler la journée. Avec une route comme ça, la voiture consomme probablement moins, mais il faut bien vivre », explique-t-il.

 

Par ailleurs, les travaux de la RN4 ne sont pas totalement terminés, des engins sont encore visibles et certains panneaux "route barrée" restent en place. Mais de Bahani à Koimbani, le tronçon est désormais revêtu d'un enrobé flambant neuf sous les roues. À la fin de notre entretien, Saifi Ahmed part de suite redémarrer sa voiture, passagers à bord. Dans le rétro, la station de bus s'éloigne. Devant, le ruban noir file droit vers Oichili. « Mwenda hambapvi tsi yi rewe » comprenez, qui roule doucement roule sûrement, répétait-t-il en souriant.

 

Hamdi Abdillahi Rahilie

 


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