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des Comores

Revue annuelle conjointe 2025 : Bilan et mise en place d'une feuille de route au cœur du débat

Revue annuelle conjointe 2025 : Bilan et mise en place d'une feuille de route au cœur du débat © : HZK-LGDC

Le ministère de l’Agriculture, en partenariat avec le PNUD, organise du 11 au 13 août à Moroni la Revue annuelle conjointe 2025 du secteur agricole, de la pêche et de l’artisanat. L’atelier vise à évaluer les réalisations, identifier les difficultés et définir une feuille de route avec les différentes parties prenantes.


Le ministre de l’Agriculture, Daniel Ali Bandar, a salué les partenaires techniques et financiers pour leur soutien, notamment l’AFD et Expertise France à travers le projet AFIDEV. Il a rappelé l’importance stratégique de l’agriculture pour le pays : « L’agriculture n’est pas un secteur parmi d’autres. Elle nourrit notre population. Elle fait vivre des milliers de familles. Elle porte notre souveraineté alimentaire et représente l’identité économique des Comores : pilier de notre économie, source de revenus pour des milliers de foyers comoriens, et l’un des principaux moteurs de notre croissance, de nos exportations et de notre développement territorial », a-t-il déclaré. Il a rappelé que la première Revue annuelle conjointe, avait marqué une avancée dans la gouvernance du secteur, en renforçant la transparence, la redevabilité, le dialogue et la recherche collective de résultats.

Selon lui, cette première revue a permis d’identifier les principaux défis du secteur et de formuler des recommandations portant notamment sur la coordination institutionnelle, le suivi des investissements, la mobilisation des ressources, la mise en œuvre du PNIA, le partenariat public-privé et le dialogue avec les partenaires techniques et financiers. « Nous sommes réunis pour répondre à une question simple mais essentielle : qu’avons-nous réellement accompli depuis la dernière revue ? Avons-nous transformé nos engagements en actions ? Avons-nous amélioré notre manière de travailler ensemble ? Avons-nous créé davantage de valeur pour nos producteurs, nos pêcheurs, nos artisans et nos territoires ? Voilà le véritable sens de cette rencontre», a-t-il précisé.

Pour le ministre, l’efficacité d’une revue se mesure à ses résultats concrets. Selon les données présentées, 80% des indicateurs physiques du PNIA ont été réalisés et 90% des recommandations de la RAC 2024 sont en cours ou partiellement mises en œuvre, appelant à renforcer la planification et le suivi. De son côté, Luca Monge Roffarello, représentant résident du PNUD, a relevé que les résultats de 2025 témoignent d’avancées importantes, tout en faisant ressortir plusieurs marges de progression. « Le taux global d’exécution financière atteint 69%, soit près de 18 millions de dollars sur les 26 millions programmés. Dans le même temps, la consolidation, l’accès et le partage des données financières restent à renforcer », a-t-il indiqué.

Il a également souligné que près de 46 % des indicateurs programmés affichent des niveaux de réalisation supérieurs à 100%. « Ces performances sont encourageantes, mais elles invitent également à examiner la manière dont certaines cibles sont définies et calibrées. La qualité de nos résultats dépend aussi de la qualité de notre programmation, de nos données et de notre capacité à assurer un suivi régulier », a-t-il ajouté. Cette démarche s’inscrit, selon le représentant résident du PNUD, dans les principes de l’efficacité du développement, notamment l’appropriation nationale, l’alignement des partenaires, la coordination, la gestion axée sur les résultats, la transparence et la redevabilité mutuelle.

« En termes simples, le gouvernement fixe le cap, les partenaires s’alignent et accompagnent, et ensemble, nous suivons les résultats et rendons compte de nos engagements », a-t-il expliqué.

Pour lui, la mise en place du mécanisme de coordination constitue une avancée importante, mais il faut désormais lui donner toute sa portée opérationnelle. Le ministère conserve naturellement le leadership sectoriel. Le PNUD, dans son rôle de chef de file des partenaires, peut faciliter le dialogue, contribuer à la consolidation de l’information et accompagner le suivi des décisions prises collectivement. « Nous devons pouvoir répondre simplement à quelques questions essentielles : qui intervient, où, avec quelles ressources, auprès de quels bénéficiaires et avec quels résultats ? », a-t-il déclaré.

Le PNUD et ses partenaires disposent déjà d’une cartographie, d’une matrice de décisions et d’un tableau de bord. L’enjeu est désormais d’en faire de véritables outils de pilotage.Le PNUD, a-t-il assuré, restera pleinement engagé aux côtés du gouvernement et de l’ensemble des partenaires afin de renforcer les systèmes nationaux, d’améliorer la coordination et de mobiliser les partenariats nécessaires. Le gouverneur de Ngazidja a souligné les défis liés au changement climatique, aux marchés, au financement et à la logistique, tout en mettant en avant les atouts des Comores, notamment leur jeunesse et leur secteur privé. Il a assuré que les recommandations de la revue seront transformées en une feuille de route opérationnelle avec des responsabilités, un calendrier et un mécanisme de suivi.

Nassuf Ben Amad

 


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