Un cultivateur de riz, qui vit à l’ouest de Tananarive à Madagascar, s’est tourné vers le biogaz pour la cuisson des aliments, son éclairage et l’amélioration de l’agriculture. Une initiative soutenue par l’association ETC TERRA et la commission de l’Océan Indien qui envisagent d’installer plus de 120 biodigesteurs d’ici 2019 dans le nord de la Grande ile.
Plus de 80% de la population malgache cuisine au charbon et au bois. L’association ETC TERRA, soucieuse de préserver l'environnement, mène des activités de sensibilisation pour lutter contre cette déforestation depuis 2012.
Le biodigesteur semble être la meilleure solution. À Mahabou, une petite localité située à 50 Km de Tana, un père de cinq enfants utilise de la bouse de zébu pour produire du biogaz et assurer la cuisson de ses aliments et son éclairage.
La cuve souterraine est ce qu’on appelle un biodigesteur.
Cela fait déjà un an que Randriampenosoa Joana Herimanga utilise ce modèle d’énergie : « Le biogaz est vraiment utile car ça évite beaucoup de contraintes à ma famille et fait diminuer les dépenses ». Ce père de famille remplit tous les jours 3 seaux de bouses de zébu et 6 seaux d’eau dans la cuve de fermentation. « Je possède 3 zébus et ces excréments suffisent pour alimenter le biodigesteur », précise-t-il.
L’agriculteur récupère le compost et l’utilise comme engrais pour ses rizières. « Le biodigesteur me permet d’augmenter la production et d’avoir plus de revenus », ajoute-t-il. « Aujourd’hui, j’arrive à assurer l’écolage de mes enfants et j'ai pu m'acheter une charrette à 3000 Ariary ».
5% de la population vivant dans le milieu rural n'a pas accès à l’électricité. C’est dans ce contexte que l’association ETC TERRA, financée par la COI et la fondation Agha Kan, souhaite installer ce modèle d’énergie dans le nord de la Grande Ile. Actuellement plus de 400 biodigesteurs domestiques ont été installés à Madagascar.
« Le gros souci reste le prix. Les ménages n’ont pas les moyens d’investir dans un biodigesteur. Il faut trouver des financements et sensibiliser la population à l’utilisation du biogaz au lieu du bois et du charbon », avance Maud Ferrer, la chef de projet d'ETC TERRA.
Elle prévoit d’installer 120 autres modèles dans le nord de la Grande Ile : « Aujourd’hui, la technique du biogaz n’est pas connue de la population et du gouvernement. C’est pourquoi nous misons sur l’implication des ministères concernés ».
Mohamed Youssouf, envoyé spécial à Madagascar
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