La rentrée s’annonce sous tension. Le ministre de l’Éducation nationale, Bacar Mvoulana, prévoit l’arrivée de 7 866 nouveaux bacheliers, qui viendront s’ajouter aux 11 000 étudiants déjà inscrits, alors que l’UDC ne dispose que d’une capacité d’accueil de 4 000 places. Pour éviter l’engorgement, il propose de transformer provisoirement les foyers des villes de Mvouni et Mkazi en salles de cours. Une solution d’urgence qui met en lumière la nécessité d’investir dans des infrastructures universitaires capables de répondre durablement aux besoins de la jeunesse.
L'Université des Comores est au bord de la saturation. Le ministre de l'éducation nationale annonce 7 866 bacheliers cette année, qui s’ajoutent à plus de 11 000 étudiants déjà inscrits, pour une capacité de 4 000 places disponibles. Au total, près de 18 000 étudiants, soit 62% de plus que le site de Mvouni ne peut absorber. Pour désengorger le site, Bacar Mvoulana, propose de solliciter Mvouni et Mkazi, deux communes voisines du campus, de mettre à disposition leurs foyers (salles de spectacle) comme amphithéâtres provisoires. « Les tables et chaises seront à la charge de l'État », assure-t-il, présentant la mesure comme un effort notable. Il évoque une « prévision mûrement étudiée », en attendant qu'un vrai amphithéâtre voie le jour à l'UDC.
Autre friction, le relèvement des frais d'inscription. Pour des familles au budget serré, la hausse pèse lourd. Le ministre la justifie par la nécessité de bien lancer la rentrée. Selon lui, après le chantier prioritaire du Centre Hospitalier Universitaire d'El-Maarouf, l'exécutif compte ensuite s'attaquer à l'UDC. Un calendrier qui interroge alors que l'urgence est immédiate. Les chantiers de Mvouni et Patsy doivent accroître les capacités d'accueil et moderniser les infrastructures. Le ministère dit en suivre l'avancement, mais enseignants et parents attendent une livraison compatible avec les besoins de cette rentrée. Par ailleurs, les déclarations du ministre ont déclenché une vague de réactions.
Pour certains, le système exige des réponses concrètes et une vraie anticipation. « Au-delà de la critique, pensons durable », résume un intervenant, qui plaide pour renforcer l'UDC, développer les filières techniques et professionnelles, mieux orienter les bacheliers et nouer des partenariats avec l'étranger. » La crise pourrait devenir une opportunité de refonder le supérieur pour offrir à chaque bachelier une formation adaptée à son projet. La critique est facile, la recherche collective de solutions est essentielle, et ce débat mérite une réflexion nationale. D'autres voix sont plus cinglantes, sachant que le manque de places n'est pas nouveau : « Un ministre doit anticiper les flux démographiques, planifier à moyen et long terme et mobiliser les moyens de l'État. Transformer des foyers de notables en salles de cours, c'est acter la défaillance publique et renoncer à ses responsabilités. À force de bricoler l'avenir, on risque de sacrifier une génération qui mérite mieux. », s'indigne un parent.
Pour ces citoyens, les étudiants ont besoin d'universités dignes de ce nom, de salles adaptées, d'enseignants soutenus et d'une vraie politique éducative. Les foyers sont des lieux de fête, non des rustines à l'impréparation. Un pays qui prépare son avenir ne découvre pas chaque rentrée qu'il manque de classes, en l'occurrence il prévoit, construit, investit et anticipe. Cela va sans dire que cette situation illustre l'absence de planification et l'urgence de doter l'université de bonnes et pérennes infrastructures pour la jeunesse.
Hamdi Abdillahi Rahilie
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