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Rentrée scolaire Les 117 enseignants suspendus menacent de durcir leur mouvement

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Rentrée scolaire Les 117 enseignants suspendus menacent de durcir leur mouvement © : HZK-LGDC

La rentrée scolaire a eu lieu lundi 19 septembre sans les enseignants de Ngazidja suspendus de leur poste depuis juin de cette année, par l’exécutif pour des raisons dites de vérification. Ils donnent aux autorités d’ici la fin de la semaine pour régler le problème. Sinon, « nous allons nous sacrifier ». Autrement dit, manifester sans relâche.


A Chaud. Les enseignants suspendus de leur fonction jusqu’à nouvel ordre n’en démordent pas. Deux jours après la rentrée scolaire, ils errent dans les rues alors qu’une « demande de levée de suspension » pour eux a été faite depuis le 12 août dernier par le secrétaire général de l’exécutif Abdourahim Said Bakar. Une rencontre, à en croire ces enseignants, avait eu lieu hier entre eux et ledit secrétaire qui les a envoyés au commissariat à l’éducation pour récupérer leur affectation : «On nous a dit que tout enseignant suspendu n’obtiendra pas d’affectation », rapporte les enseignants devant le président du conseil de l’île et celui de l’association des maires, lors d’une rencontre tenue hier au conseil de l’île. 

 

« Notre dernière décision que nous avons prise est que nous n’allons pas croiser les bras et assister impuissants, regarder l’éducation de nos petits frères partir en fumée », ont-ils menacé, avant de poursuivre qu’ils seront prêts à se sacrifier pour le bien du pays comme en 1979 en France. « Cette responsabilité incombe aux présidents du Conseil et de l’association des maires. Si d’ici la fin de la semaine on n’a pas eu de réponse, cela signifie qu’ils ont échoué. Si le gouverneur ne prend pas ses responsabilités, cela veut dire que nous devrions nous sacrifier pour que Ngazidja pose les jalons [de la révolution] », ont-ils déclaré.

 

Coté émissaires, notamment le président du conseil de l’île et celui de l’association des maires, ils s’approprient de l’affaire et espèrent obtenir une réponse favorable auprès de l’exécutif. Rappelons que ces 117 enseignants ont fait les frais d’une vague de suspensions en juin dernier pour des raisons dites de vérifications. Le 12 août, le secrétaire général du gouvernorat en même temps président de la commission de vérification a adressé un courrier à la commissaire à la fonction publique lui demandant de « lever la suspension pour les enseignants ». Depuis, plus rien.

 

A en croire les enseignants, même s’ils étaient affectés, il y aurait toujours un manque dans les établissements. Les chiffres qu’ils ont avancés démontrent la réalité : un déficit de 300 enseignants au niveau primaire, 250 aux collèges et lycées. Toujours selon eux, le lycée de Dembeni n’a pas d’enseignants ni de philosophie, ni d’anglais, ni de physique, ni de science « alors qu’il y a eu une rentrée », ironisent-ils.

Même problème au collège de Ntsinimoichnogo où il n’y aurait ni enseignant de mathématique, ni d’anglais, ni de français, ni de physique, ni de science. Le collège de Douniani la’Mboudé qui compte 12 divisions aurait aujourd’hui seulement 3 enseignants. Le gouverneur de Ngazidja serait-il prêt à passer l’année scolaire sans ces 117 enseignants comme il serait prêt à gouverner pendant cinq ans sans le conseil de l’île ?

 

Toufé Maecha

   

 


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