L’université des Comores a réceptionné un important lot d’équipements destinés à trois de ses laboratoires de recherche les mieux classés, le jeudi 27 février dernier. Cette dotation, rendue possible grâce au projet CRIT-FSPI, marque une avancée significative pour la recherche scientifique aux Comores et témoigne du dynamisme de la coopération franco-comorienne dans le domaine de l’enseignement supérieur.
C’est en octobre 2023 que le projet CRIT-FSPI a permis d’évaluer les unités de recherche des trois principales institutions scientifiques du pays à savoir l’Université des Comores (UDC), l’Institut National de Recherche pour l’Agriculture, la Pêche et l’Environnement (INRAPE) et le Centre National de Documentation et de Recherche Scientifique (CNDRS). À l’issue de cette évaluation, trois laboratoires se sont distingués et sélectionnés pour bénéficier d’un soutien matériel à l’instar du Laboratoire de mathématiques, statistiques et informatiques, du l’Herbier National des Comores et du Laboratoire des Sciences Marines et du Littoral. Lors de la cérémonie officielle, le recteur de l’université des Comores, Ibouroi Ali Tabibou a salué cet appui, le qualifiant de « symbole de reconnaissance du travail acharné des chercheurs et de l’engagement en faveur de l’innovation scientifique ». Il a également mis en avant la précieuse collaboration avec la diaspora scientifique, notamment à travers le projet OUONI.
Présent à l’événement, l’Ambassadeur de France aux Comores, Sylvain Riquier, a souligné l’importance de cet investissement pour l’avenir de la recherche locale. « Nous célébrons aujourd’hui l’excellence de la recherche comorienne et rendons hommage à celles et ceux qui, par leur travail acharné et leur créativité, font avancer les frontières de la connaissance », a-t-il déclaré. Il a également replacé cette initiative dans le cadre plus large de la coopération scientifique franco-comorienne, en rappelant que la France soutient activement les programmes de recherche aux Comores, que ce soit dans le suivi environnemental (volcan Karthala, biodiversité), la santé publique (lutte contre les zoonoses, Covid-19) ou l’agriculture (amélioration des semences). Le diplomate français a par ailleurs fait écho aux discussions récentes du sommet de Paris sur l’Intelligence Artificielle (IA), insistant sur le rôle croissant de l’IA dans la recherche scientifique et la nécessité pour chaque État d’investir dans cette transition technologique.
Au-delà des équipements remis, la cérémonie a également acté l’ouverture prochaine d’une salle de formation hybride destinée aux formations de master. Un projet qui s’inscrit dans la volonté de modernisation de l’Université des Comores et dans la perspective de l’ouverture d’une école doctorale, comme l’a souligné le Recteur. « L’Université des Comores doit devenir un centre d’excellence, et c’est ensemble que nous y parviendrons », a-t-il déclaré, avant de saluer l’ensemble des partenaires impliqués, notamment l’Ambassade de France et l’Attaché de coopération universitaire, Ludovic Kamchan, pour leur engagement en faveur du développement de l’enseignement supérieur aux Comores. Avec ce nouvel appui, les chercheurs et étudiants des laboratoires concernés bénéficieront de conditions de travail améliorées, favorisant la production de connaissances et le développement de solutions adaptées aux défis locaux. La balle est désormais dans le camp des bénéficiaires, comme l’a rappelé l’ambassadeur de France : « Il vous appartient maintenant d’en assurer un usage optimisé et une maintenance efficace. » Ce renforcement des infrastructures de recherche s’inscrit dans la volonté affichée par le gouvernement comorien de faire de l’enseignement supérieur un levier du développement national, en cohérence avec le Plan Comores Émergent 2030.
Mohamed Ali Nasra
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