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Relations Comores-Togo : Le Togo désavoue la convention entre Kara et Mayotte

Relations Comores-Togo : Le Togo désavoue la convention entre Kara et Mayotte © : HZK-LGDC

Réunis à Luanda en marge de la 26e session extraordinaire du Conseil exécutif de l’Union africaine, les ministres des Affaires étrangères du Togo et des Comores ont réaffirmé leur volonté de renforcer les relations entre les deux pays. Dans un communiqué conjoint, Lomé désavoue surtout la convention de coopération décentralisée signée en juillet entre la région de la Kara et une personnalité de Mayotte, assurant qu’elle ne pourra « ni entrer en vigueur, ni être mise en œuvre ».


Le dossier de la coopération entre la région togolaise de la Kara et Mayotte a occupé une place importante dans les échanges entre les ministres des Affaires étrangères du Togo et des Comores, Robert Dussey et Mohamed Mbae. La rencontre s’est tenue le 29 août 2026 à Luanda, en marge de la session extraordinaire du Conseil exécutif de l’Union africaine. Parmi les sujets abordés figurait notamment la question de l’intégrité territoriale des Comores. Dès le début du communiqué, les deux parties réaffirment la solidité de leurs relations. « Les deux Ministres se sont félicités de la qualité des relations d’amitié, de fraternité et de solidarité qui unissent le peuple togolais et le peuple comorien », lit-on dans le document. Mais c’est la convention signée le 17 juillet dernier entre la région de la Kara et une personnalité de Mayotte qui retient particulièrement l’attention. La position togolaise y est clairement exprimée.

« La partie togolaise récuse la signature de la Convention de coopération décentralisée entre sa région de la Kara et l’île comorienne de Mayotte, le 17 juillet 2026 », précise le texte, en référence au « Droit international et [au] respect de l’intégrité territoriale de l’Union des Comores ». Lomé réaffirme également son attachement aux principes de l’Union africaine, notamment « le respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance des Etats membres ». Une clarification qui conforte Moroni. « La Partie comorienne a apprécié les clarifications apportées par la Partie togolaise qui rassure qu’elle n’accordera pas d’approbation à cette Convention, contraire à sa position officielle », rapporte le communiqué. Celui-ci précise que la convention « ne pourra ni entrer en vigueur, ni être mise en œuvre par la région de la Kara ».

Pour éviter que cet épisode ne fragilise les relations bilatérales, Moroni et Lomé conviennent de privilégier « la confiance, le dialogue direct et la concertation fraternelle ». Les deux pays réaffirment par ailleurs l’importance de la coopération décentralisée, tout en insistant sur la nécessité d’une meilleure coordination entre les autorités centrales et les collectivités territoriales. Au-delà du dossier de Mayotte, les deux pays veulent donner un nouvel élan à leur partenariat. Plusieurs secteurs sont identifiés comme prioritaires, notamment les domaines portuaire et maritime, l’économie bleue, l’agriculture, le tourisme et la formation professionnelle. Un mémorandum d’entente sur les consultations politiques régulières entre les deux ministères des Affaires étrangères est également annoncé.

Les échanges économiques figurent eux aussi parmi les priorités. Le communiqué évoque la volonté « d’encourager les échanges entre les secteurs privés et les chambres de commerce des deux pays afin de promouvoir la diplomatie économique ». Sur le plan continental, Moroni et Lomé réaffirment enfin leur attachement au renforcement de l’architecture africaine de paix et de sécurité. Ils appellent notamment à la pleine capitalisation du Fonds pour la paix de l’Union africaine et à une meilleure coordination entre l’UA, les communautés économiques régionales et l’ONU. À Luanda, la clarification togolaise permet ainsi de refermer, au moins sur le plan diplomatique, un dossier susceptible de créer des tensions. Pour Moroni, elle réaffirme surtout un principe constant : toute coopération impliquant Mayotte doit s’inscrire dans le respect de la position des Comores sur leur intégrité territoriale.

Mohamed Ali Nasra

 


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