Douze personnes ont été interpellées dans le cadre de l’enquête sur le meurtre de Naicha Abdou M’madi, retrouvée morte après avoir disparu dans la nuit du 19 au 20 mai dernier. Parmi elles, deux hommes sont considérés comme les principaux suspects. Selon l’enquête en cours, le crime aurait été prémédité sur fond de dette de 135.000 fc liée à l’achat d’un ordinateur portable jamais livré. Une affaire qui continue de bouleverser l’opinion publique.
Selon les premiers éléments de l’enquête, Fahami Ibrahim, 20 ans, né à Mayotte est présenté comme l’auteur principal, tandis que Attoumani Abdourahmane est poursuivi comme co-auteur.D’après les premiers éléments de l’enquête, les deux suspects ont avoué avoir transporté le corps de la victime jusqu’à un champ à Malazini aux alentours de minuit, avant de le recouvrir de feuilles sèches de cocotier puis d’y mettre le feu à l’aide d’un briquet pour tenter de le rendre méconnaissable. Le corps sera retrouvé à plus d’un kilomètre du lieu où le crime aurait été commis.Le mobile avancé est financier. La victime avait remis 135 000 francs comoriens à Fahami Ibrahim pour l’achat d’un ordinateur portable jamais commandé. Elle le réclamait sans cesse. « Il a avoué à son ami Attoumani que Naicha le dérangeait pour l’ordinateur et qu’il avait l’intention de la tuer. », déclare notre source. Les deux hommes se seraient alors mis d’accord pour passer à l’acte.
Selon les investigations en cours, le lundi 18 mai, la victime avait repris contact avec Fahami. Ce dernier lui aurait demandé de venir récupérer l’ordinateur, alors même que celui-ci n’avait jamais été acheté. Le mardi 19 mai à 13 heures et 11 minutes, une amie de la victime, Dzidza, l’appelle pour savoir si elle est arrivée à Dzahadjou-Mbadjini. C’est Fahami qui a répondu, selon le témoignage de son ami et co-auteur Attoumani auprès des enquêteurs. « La propriétaire de ce téléphone est partie à Moroni », a-t-il déclaré. Toujours selon l’enquête, Naicha était descendue d’un taxi conduit par un chauffeur surnommé Momo avant d’être accueillie par Fahami puis conduite au domicile d’Attoumani. C’est à cet endroit qu’elle aurait été poignardée mortellement. Sur le déroulement exact des faits, les deux suspects livrent toutefois des versions contradictoires : l’un évoque des coups portés au cou et aux côtes, tandis que l’autre parle de blessures au dos, au crâne et à l’arrière de la tête.
Le mercredi 21 mai, Fahami s’est présenté de lui-même à la gendarmerie nationale. Attoumani a été arrêté le lendemain, alors que les recherches entraient dans leur troisième jour. « Les deux hommes s’accusent mutuellement », précise notre interlocuteur. Les enquêteurs indiquent également qu’une autre personne pourrait être entendue : un homme qui aurait reçu les aveux des suspects mais qui, jusqu’à présent, ne s’est pas présenté devant les autorités. « Les deux hommes n’avaient qu’une seule intention : la tuer, car elle réclamait sans cesse sa commande. La victime n’arrêtait pas de réclamer son ordinateur portable à Fahami, au point que ce dernier avait cessé de se présenter à l’hôpital de Foumbouni où ils travaillaient. Elle n’a pas été violée ». Au moment où nous bouclons ces lignes, le dossier n’est pas encore transmis au parquet de Moroni. Le corps de la victime a été retrouvé le vendredi, le quatrième jour après les faits. Dans l’attente des suites judiciaires, la famille de Naicha s’apprête à passer l’Aïd dans le deuil, loin des préparatifs habituels. A quand le procès et surtout le verdict dans cette énième affaire de meurtre ?
El-Aniou Fatima
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